Vive le sport!

J’ai fait un 10.

Il y a des choses dans ma vie que je n’aurais même pas imaginé faire: nager avec des tortues géantes et des raies mantas, tenir des pythons dans un cirque, prendre le métro barcelonais avec 49 ados, vivre en Picardie, courir un 10km.

Car pour moi, parcourir 10 km relève de l’aventure extraordinaire.  En effet, comme l’a déclaré Monsieur S., docteur ès course à pied, mon « potentiel a du mal à s’exprimer ». Après quelques tentatives peu concluantes de footing pendant l’été (j’explose au bout de 30min), il a fallu me faire violence pour rechausser mes « running », comme on dit dans le jargon, et avaler les kilomètres.

Et puis au bout de quelques séances vient enfin le « plaisir » évoqué par tous les mordus de la course et qui m’était jusqu’alors étanger. Je découvre le goût de l’effort (!) et le dépassement de soi, deux concepts dont j’avais vaguement entendu parler lors de conversations sectaires entre profs d’EPS et qui venaient à peine chatouiller mes tympans.

Je cours seule, je trouve ça plutôt agréable, mais je n’en vois pas le but. Il me faut un objectif, je ne sais fonctionner que comme cela, à coups d’objectifs. Et il arrive sur un plateau lorsque mes amies (substantif discutable, pour le coup…) sportives depuis l’embryon, m’inscrivent à une course.

Moi, la non-sportive assumée et confirmée, s’entend parler de marques de chaussures de course, de VMA et de « minutes au kilo » plutôt que de talons de 7 ou de 9, de jean slim ou skinny, d’acides hyalluroniques ou huiles essentielles. Mais qu’est-ce que je fais là? Marie-Jo Pérec sort de ce corps…!

Le jour J arrive, j’ai l’impression de repasser un oral d’agrégation…avec 7000 participants à mes côtés. Le départ retentit, je suis euphorique. Evidemment je déchante dix minutes plus tard: j’ai chaud, j’ai soif, je ne finirai jamais. Non. Plutôt mourir que ne pas finir. J’ai mon honneur. Je ne vois rien du parcours de la course, je suis dans ma bulle, totalement coupée du reste du monde et concentrée sur les chaussettes du coureur devant moi. J’ai arrêté de penser pendant une heure ou peut-être ai-je trop pensé, je ne me rappelle plus de rien sauf de ces moments de doutes où l’on se dit que l’on n’en sera pas capable, mais pourquoi je fais ça, qu’est-ce que je veux me prouver?

Vient la ligne d’arrivée, enfin, et cette fierté indicible qui n’appartient qu’à soi.

J’ai fait un dix.

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