I♥Picardie

Sur les traces d’une utopie sociale: Le familistère de Guise.

C’est avec cet article que j’ouvre une nouvelle rubrique : I♥Picardie.

La Picardie est ma région d’adoption, cela fait presque dix ans que je la sillonne avec ou sans Nains et que je fais le cruel constat qu’elle souffre de préjugés et de mauvaise réputation.

Alors oui la Picardie est une région rurale, oui le climat est rude sept mois sur douze et non il n’y a pas de mégapole. Eh bien figure-toi que malgré tout cela, il y a une multitude de choses à y découvrir mais encore faut-il s’en donner la peine et ne pas se cantonner aux seules idées préconçues!

Préambule terminé.

Nous nous sommes rendus à Guise (prononce Güise, sinon tu as l’air d’un naze) pour visiter le Familistère de Godin.

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Godin, c’est celui des poêles en fonte, on en a tous vu un chez papi et mamie.

Bref. Jean-Baptiste Godin (19è siècle) était sacrément malin, audacieux et visionnaire! Fondateur des usines fabricant les cuisinières et poêles, son entreprise connaît un essor considérable et Godin réalise une véritable utopie sociale: une cité à proximité de l’usine où vivent mille cinq cents travailleurs.

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Godin construit un  « Palais social » abritant 500 logements « all inclusive »: eau courante, toilettes, vide-ordures, l’hygiène étant une préoccupation première du fondateur. Le top pour un bâtiment de 1864, non?

Au-delà de l’aspect matériel de la cité, le Familistère place l’ouvrier au centre de tout. Godin estime qu’il doit avoir le statut social le plus élevé puisque c’est lui qui produit les richesses. Ainsi, Godin crée l’Association du Capital et du Travail afin que l’usine et le Palais deviennent la propriété des travailleurs.

On est quand même aux antipodes de ce que l’on peut lire dans l’Assomoir ou La Bête humaine de Zola…

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Au Familistère, tout est étudié pour que les familles s’épanouissent: dans le Palais Social, il y a une nourricerie (qui accueille 50 berceaux), une épicerie, une mercerie-quincaillerie, un service médical et une pharmacie.

On peut entrer dans des appartements reconstitués pour effectuer de véritables sauts dans le temps:

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On a évité le drame dans celui-là: Numéro Bis commençait à enjamber le tricycle collector…

Les appartements sont étonnamment lumineux et clairs, et c’est en cela que transparaît le génie de Godin: plus on descend dans les étages, plus les dimensions des fenêtres sont grandes.

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Pour être honnête, la visite du Palais Social n’a pas franchement ému les Nains. Ils ont évidemment couru dans les coursives et ont tenté de rentrer dans tous les appartements (certains toujours habités…).

DSC_1641Bon, en même temps, les Nains du XIXè siècle devaient bien courir dans les coursives et crier sous la verrière, non?

On a fait une pause à l’atelier de reconstitution du Familistère, qui les a occupés un petit moment, et Monsieur S. aussi d’ailleurs…

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Allez, on sort s’aérer et découvrir qu’en face du Palais Social se trouvent les économats (pour approvisionner les habitants) l’école (laïque et mixte) et le théâtre de 1870, lieu de rencontres, de débats et de fêtes.

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La visite du théâtre dure une dizaine de minutes puis on part arpenter les jardins de la cité. Les Nains s’en donnent à cœur joie sur les passerelles en bois qui forment un labyrinthe à travers le parc.

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On traverse l’Oise…

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…puis on achève notre balade d’une bonne heure en passant par la piscine-buanderie de la cité: bassin d’apprentissage de la natation, bains, atelier de lessive et séchoir. Comme l’explique clairement la brochure du Familistère, « La réforme sociale commence avec la propreté, le confort, le bien-être matériel et collectif. »

Je ne vous parle pas de la déception des Nains quand ils ont vu la piscine…

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La boucle est bouclée et on joue au jeu de « Ce que j’ai préféré aujourd’hui ». Les Nains ont adoré:

♥jouer à cache-cache dans le Palais Social

♥se promener sur les passerelles

♥jeter des cailloux dans l’Oise

Nous on a aimé le génie de Godin, son audace et son désir de réforme sociale.

Et pour les curieux qui lisent jusqu’au bout: l’usine Godin est toujours en activité, l’Association n’existe plus depuis les années 1960 et le Familistère est encore habité par des copropriétaires.

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4 commentaires sur “Sur les traces d’une utopie sociale: Le familistère de Guise.

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