Vive le sport!

La journée de la supportrice # partie 2

Tiens, il y a plein de bonnets oranges disséminés un peu partout dans le lac. Tu entends des « hou hou! », des « Y’ a quelqu’un? ». Le brouillard est à couper au couteau, les athlètes se perdent dans le lac; le speaker annonce l’arrêt de l’épreuve de natation.

Une Simone à tes côtés s’insurge: « Quoi? Avec le prix qu’on a payé? Faîtes-les replonger tout de suite! ».

On voit que Simone est un peu vénère et tu peux la comprendre! Six mois d’entraînement intense, ce qui revient au bas mot à vingt-quatre mercredis, samedis et dimanches seule avec les Nains, huit cents kilos de pâtes et un bras en moins pour l’inscription et le matos nécessaire. Simone est survoltée, son Jules a intérêt à passer la finish line de ce fucking Altriman sinon elle demande le divorce, c’est certain!

Bref. Simone n’obtient pas gain de cause et les triathlètes redeviennent subitement deux cent cinquante fourmis dans le parc à vélos. Des fourmis grelottantes de froid avec un bonnet orange. Il est 7h, tu prendrais bien un café.

Le speaker prend la parole: « On a perdu le numéro 162, Bernard… » Hé bien, tu espères que Bernard n’est pas resté dans le lac parce que Bernard doit ressembler à Jack à la fin de Titanic. Non, Bernard réapparaît, l’épreuve de vélo peut commencer. Il est 7h30, tu n’as toujours pas bu ton café et tes cheveux frisotent à cause de l’humidité ambiante.

Le cher et tendre est sur ses deux roues, k-way fluo de rigueur, repérable dans le brouillard et parmi les deux cent quarante-neuf autres fous furieux. Commencent alors deux calvaires parallèles:

  • le sien: parcourir 196km et affronter neuf cols de montagne. Il l’a voulu, il l’a eu.

altriman-denivele

  • le tien: attendre neuf à dix heures avant de revoir un bout de son k-way fluo. Avec tes beaux-parents. Tu as déjà réfléchi au dédommagement .

Tu rentres enfin boire ton café et abandonnes l’idée d’achever ta nuit avortée. Tu as les doigts crispés sur Chronoweb, le site qui annonce les temps de passage aux 68è et 168è km. En fait, le concepteur de Chronoweb a dû se dire: « Attends, on va les faire stresser un peu, les Simone. Ça leur apprendra à râler parce que leur Jules est toujours en train de faire du sport. » Entre temps, tu réponds aux dizaines de messages de soutien. Un vrai boulot à plein temps, tu es épanouie.

mess

Il est 16h30, tu as mangé une vingtaine de biscuits, un fond de taboulé, une tablette de chocolat, des rondelles de saucissons, des biscuits, une tomate. Dans l’ordre et arrosés de l’immonde café que crache la cafetière de la location.

Tu reprends la voiture pour la quatrième fois, tu as hâte de voir un bout de k-way fluo. Faudrait pas qu’il te laisse les Nains à gérer seule ad vitam æternam. Tu es au bord de l’implosion nerveuse.

L’homme arrive, et même après 196km de montagne, il est frais comme un gardon. Il t’épate, c’est indécent quand même. Le plus dur est passé, il ne reste plus que le marathon: de la roupie de sansonnet.

Il est 17h. Tu remontes dans la voiture pour la huitième fois pour te rendre sur le site de la course à pied. Tu prendrais bien un café. Ou un rosé bien frais. Mais quand est-ce que tu vas le boire, ce foutu apéro? C’est l’été, les vacances, non?

Publicités

Des choses à dire?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s