Vive le sport!

La journée de la supportrice # partie 3

Tu tires un trait sur ton rosé pamp’ de 18h.

Ton cher et tendre a attaqué le marathon depuis une demi-heure alors que les premiers fous furieux ont déjà franchi la ligne d’arrivée. Des dingues.

Tu attends au beau milieu d’une épingle de montagne, le regard fixé sur les chaussures des triathlètes: c’est aux lacets orange fluo que tu repères l’homme à deux cent cinquante mètres. Et à sa foulée aussi un peu.

lacets

Il arrive, on dirait un Kényan. Bon, avec quelques kilomètres-heure en moins. Tu sors ton cri de guerre, celui qui lui met du baume au cœur, celui grâce auquel il peut te reconnaître parmi des milliers de fous furieux. Il passe devant toi:

– Ça va?

– Ça va.

– T’es bien?

– Je suis bien.

Tu notes que le triathlète n’est pas très prolixe pendant l’effort et tu lui en veux un peu car après onze heures d’attente, tu espérais quand même plus de détails. C’est peut-être dû aux 12% de la côte qu’il est en train de grimper.

Il est 19h30, tu t’autorises une pause chips et rentres à l’appartement duquel on peut voir passer les coureurs. Soudain au loin: chaussures blanches, lacets orange fluo. Tu vas rater son passage à moins que tu ne hurles à nouveau ton cri de guerre. Les supporters sur la route se retournent vers le balcon, c’est bon signe: ta voix porte encore. Tu en remets une couche et augmente le volume: l’homme lève le bras, il t’a repérée et tout le village aussi.

20h30, tu reprends ta satanée voiture pour essayer de le retrouver sur le parcours. Tu t’impatientes au ravito et…quoi? il commence à fatiguer? Il plaisante, j’espère! Ca fait six mois qu’on regarde en boucle la vidéo promotionnelle de l’Altriman, six mois qu’on parle de braquets et de boisson de récup’ saveur mojito, six mois que les Nains demandent invariablement: « Il est parti courir papa? » même quand il travaille. Cette ligne d’arrivée, cette victoire c’est la vôtre et vous l’aurez coûte que coûte.

Du coup tu te mets à courir à ses côtés car tu es prévoyante, tu chausses toujours tes runnings pour le supporter: on ne sait jamais, il pourrait avoir un coup de mou. Ton jean commence sévèrement à coller aux cuisseaux et ton odeur corporelle commence aussi à te déranger. Mais bon, ici tout le monde pue, donc tu es à ta place.

Le cher et tendre est reboosté, tu le quittes pour le retrouver enfin à l’arrivée et espérer boire, à défaut de rosé pamp’, le magnum de Champagne apporté par des amis tout aussi fous furieux que vous.

Tu attends dans la salle animée et remplie de supporters excités, les yeux rivés sur l’écran qui affiche le prochain finisher.

Chaussures blanches, lacets fluo. Il est 22h30.

Tu sautes frénétiquement tel un cabri, comme une ado à un concert des One Direction. Tu hurles ton cri de guerre, les larmes coulent en cascade, submergée par ce tsunami d’émotions tandis que la sono crache The Final Countdown de Europe.

Il monte les marches, ému aux larmes, et passe enfin cette finish line qu’il a tant rêvée, tant désirée, tant méritée.

Tu es fière de lui, fière de vous.

Entre deux gorgées de Champagne bu au goulot, tu le regardes et reconnais cette lueur dans son regard. Tu sais que ce n’est pas fini et te demandes secrètement sur quelle ligne d’arrivée tu l’attendras l’année prochaine. Inconditionnellement.

finish-line

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