J'ai des choses à dire

Vous prendrez bien une tranche de saucisson à l’ail.

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Crédit image: Pascale Skeene

Cinq jours.

Cinq jours que tu as la voix de Macha Béranger et que ton nez se la joue Niagara Falls.

Tu t’extirpes du canapé sur lequel tu as sombré profondément pour aller chercher tes Nains à l’école.  Ils sont contents de te voir et quand ils te parlent, ton crâne est semblable à un gymnase bondé de fans hystériques de Justin Bieber sur un fond de rebonds de ballon.

Tu livres un Nain au club de sport et, puisque tu es de sortie, passes chez le charcutier chercher ta commande même si tu n’as qu’une hâte: rentrer de coucher pendant un an au moins.

Mais non, tu vas chez le charcutier.

Et il est sympa, ce boucher: il propose toujours une tranche de saucisson à tes Nains. Du saucisson à l’ail, celui qu’il a du mal à vendre peut-être parce qu’une fois que tu en manges, tu as perdu toute vie sociale jusqu’à ta mort.

Ton Nain accepte l’offre, trop content de se caler un truc sous la dent à 17h.

« – Tiens, prends deux tranches.

– Tu pourras la donner à ton frère.

– Non, c’est pour vous, madame Machin, vous n’allez quand même pas le regarder manger! Le saucisson à l’ail, ça ne se refuse pas! »

Bah alors là si, ça se refuse, surtout à 17h. Et puis tu entends ta sainte mère qui t’a rabâché pendant des années (comme quoi ça paye un jour) le fameux sois gentille avec les gens.

Alors tu t’entends déclarer de ta voix nasillarde que Ah ça non, monsieur le charcutier, ça ne se refuse pas! Mais qu’est-ce-qui t’arrive? Tu es vraiment dans un sale état.

Le charcutier te tend la tranche que tu saisis du bout des ongles. Il attend, sourire aux lèvres.

En croquant dans le saucisson à l’ail tu prends toute la mesure de la générosité du charcutier. S’il est aussi généreux dans la vie que dans son dosage d’ail, il doit avoir beaucoup d’amis. Sauf s’il consomme son saucisson à l’ail.

Tu réprimes un haut le cœur par un Merci et bonne journée à vous. Tu deviens gentille, tout fout le camp.

Tu remontes dans ta voiture avec ton Nain et subitement se produit le miracle.

Tes narines ont retrouvé leur fonction: tu respires. Tu n’as plus de vie sociale, mais tu respires.

Dorénavant tu le sauras, tu te réfugieras chez ton charcutier si tu es enrhumée.

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