J'ai des choses à dire

Darling and Sweety.

A la rentrée dernière, Doudou a opté pour l’école de musique. Non: l’atelier de musique. Ça fait moins enseignement psychorigide, l’atelier. L’atelier, ça fait ludique, gai, bienveillant. Et c’est le cas, au prix d’un vol pour New-York pour deux personnes. Sans Nain. Seuls. Bref.

Doudou est ravi de s’y rendre chaque semaine. Et chaque semaine, je suis ravie de l’y accompagner. Chaque semaine Doudou me rappelle que c’est pas bien de jurer parce qu’il n’y a jamais de place de stationnement devant ce putain d’atelier. Chaque semaine Doudou appuie quarante fois sur le bouton vert de ce putain d’horodateur qui vomit quarante tickets de quarts d’heure gratuits qui décorent ma voiture une heure après.

Mais je crois que mon moment préféré c’est quand j’attends que Doudou sorte de son cours de coolitude musicale. Une salle d’attente de douze mètres carrés où parents, grands-parents, élèves sortant, élèves rentrant jouent aux chaises musicales. Il y a des Nains en bermuda et sandales de septembre à juin, des Nains nommés Pacôme, Marc-Aurèle et Philomène, des Naines aux cheveux savamment tressés et à la tenue impeccable. Et il y a Sweety et Darling. Chaque semaine, Darling suggère à sa progéniture de sa douce voix Stop shouting ou encore Don’t climb the wall pliiiiiise pendant que Sweety admire son Nain pendu à la paroi de la salle d’attente, toute de Vuitton parée, de Chanel poudrée et de Burberry vêtue. Mes Converse blanchâtres, ma parka Etam et moi on bout en regardant ce petit monde si cotonneux, si lisse où jamais un mot n’est prononcé plus haut qu’un autre. Mais putain comment font-ils? Chaque semaine j’ai une envie irrépressible de hurler Bordel de merde descends de là au Nain grimpeur, de défriser la permanente de Darling et de dégrafer le putain de dernier bouton du chemisier immaculé de Sweety.

Subitement, Doudou déboule de son cours et je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire à la vue de mon Nain, deux chaussures différentes aux pieds, cheveux en bataille, braguette ouverte et chocolat au coin de la lèvre. Je suis tellement contente de voir ses doigts tachés de feutre et son trou au genou que du coup, je l’envoie chercher des tickets de quarts d’heure gratuits à l’horodateur.

 

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