J'ai des choses à dire

Le SADAM, un parcours du combattant.

Après des mois d’errance, de tâtonnements, de consultations, d’angoisse, le diagnostic est tombé: « Madame, vous avez tout simplement un SADAM! »

Mais quoi qu’est-ce?

Pour faire simple, les articulations de la mâchoire dysfonctionnent et les causes peuvent en être diverses. Ce dysfonctionnement modifie à long terme la posture du squelette, créant ainsi des tensions dans toute la chaîne musculaire.

Voici les symptômes que j’avais:

  • maux de tête violents
  • névralgies faciales: sensation de brûlure, extrême sensibilité de la peau
  • acouphène pulsatile
  • douleurs d’oreilles (comme une douleur d’otite)
  • névralgie d’Arnold
  • douleurs cervicales
  • gêne quand je ferme ma mâchoire, les dents ne se positionnent pas comme avant
  • raideur des épaules, de la ceinture scapulaire
  • sommeil perturbé

Par voie de conséquence, je me sentais extrêmement fatiguée, j’avais perdu l’appétit, j’étais irritable et déprimée car les douleurs étaient permanentes, difficiles à localiser, assourdissantes, exténuantes. Bref, j’avais mal partout, tout le temps et je refoulais mes envies de hurler pour essayer de maintenir un équilibre.

Lorsque mon SADAM s’est déclenché (mais ça je ne l’ai compris que 5 mois plus tard), la douleur était telle que j’ai atterri aux urgences : scanner cérébral normal, tous les examens étaient nickel. Je me suis retrouvée sur le parking de l’hôpital à 3h du matin, avec me douleurs persistantes et cette phrase de l’urgentiste en tête: « Vous êtes certainement trop stressée. »

Soit. J’ai arrêté de travailler pendant un mois: j’ai beaucoup dormi, beaucoup pleuré (de douleur, de solitude aussi), j’ai cru que je faisais une dépression. Personne n’était capable de me dire ce que j’avais. Pendant cinq mois j’ai erré entre les spécialistes (dentiste, ORL, cardiologue, kiné) qui m’affirmaient que tout était normal et que c’était psycho-somatique. J’ai même vu une psychothérapeute, qui, soit-dit en passant, même si elle n’a pas résolu mes douleurs, m’a bien aidée à avancer dans ce chemin de croix car j’ai cru que j’allais craquer pour de bon. Ne pas mettre un nom sur ce que j’avais devenait très anxiogène: j’avais des crises de panique, je ne dormais plus beaucoup, je me voyais mourir, j’avais même prévu d’enregistrer des vidéos pour mes enfants pour plus tard, pour ne pas qu’ils m’oublient, au cas où. Malgré le soutien inconditionnel de Monsieur S. et de mes proches, je me sentais terriblement seule et terrifiée. Je me rendais au travail en serrant les dents, les douleurs et la fatigue en toile de fond.

Un jour, ma kiné (je m’y rendais chaque semaine, cervicalgies obligent) me suggère de consulter un posturologue car mon épaule gauche est plus haute de 2cm que la droite. Ok. Je ne suis plus à ça près.

Je me rends donc chez un podologue-posturologue qui liste tous mes symptômes et s’exclame au bout de dix minutes de consultation: « Vous avez tout simplement un SADAM! Ce n’est pas grave, ça se soigne. Je traite des dizaines de cas par jour. »

Je fonds en larmes devant ce gars en lui expliquant que je vis un enfer depuis des mois. Et il me décrit exactement ce que je traverse, me raconte des cas de patientes (les femmes sont plus touchées que les hommes) qui perdent leur travail ou encore se séparent à cause de ce syndrome parce qu’il est difficile à diagnostiquer et donc à soigner. Certaines personnes vivent avec pendant des années sans comprendre ce qui leur arrive, sans que personne ne pose un diagnostic. Moi j’ai eu une chance inouïe de tomber sur ce posturologue, un pur hasard.

Il m’oriente vers un ostéopathe qui a l’habitude de traiter le SADAM pour qu’il remette ma mâchoire en place et qu’il rétablisse ma posture puis vers un dentiste pour qu’il modifie l’occlusion de ma mâchoire. L’ostéo me fait un test qui confirme le diagnostic du posturo et affirme que je traîne ce SADAM depuis belle lurette car même mon œil gauche a morflé. Après ces deux consultations enchaînées, je suis complètement lessivée mais les symptômes s’atténuent nettement au bout de trois jours: plus de céphalée, ni de névralgie. Les cervicalgies ont aussi disparu.

Je me sens bien-enfin- même si mon acouphène traîne de temps en temps. Je retrouve mon énergie, je redeviens moi peu à peu. Le travail n’est pas terminé, il me faudra du temps avant d’éliminer ce putain de SADAM qui m’a rongée jusqu’au plus profond de moi mais j’entrevois le bout du tunnel.

Peut-être quelqu’un se retrouvera t-il dans ce témoignage, dans ces symptômes et je ne peux que lui conseiller de lire les articles suivants:

 

 

 

 

 

 

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2 commentaires sur “Le SADAM, un parcours du combattant.

  1. Oh que je comprends la douleur ! Cela fait un an depuis une opération(hystérectomie), j’ai eu d’affreuses douleurs à en pleurer où les spécialistes te disent c’est normal ça va passer limite que cela se passe dans ta tête mais la douleur elle passe pas. J’ai rencontré une adorable personne qui fait du shiatsu et de l’hypnose. Elle m’a dit  » je ne veux pas vous revoir une deuxième fois avant de voir un podologue pour faire un bilan », j’ai sans doute un problème de bassin et il me faudra sans doute des semelles…En médecine, nous sommes très en retard en France, c’est tellement facile de dire que c’est dans la tête !!!
    Belle soirée

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    1. Oui, tout est très compartimenté : chaque spécialiste s’occupe de sa « partie » sans considérer le corps comme un ensemble . Tout s’imbrique et lorsqu’il y a un dysfonctionnement quelque part, les conséquences sur la posture peuvent être douloureuses…

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