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Retour sur « Le courage de grandir »

Hier soir, France 2 diffusait un reportage sur les enfants précoces intitulé « Le courage de grandir ».

Ce documentaire a le mérite d’éclairer la définition d’enfant précoce. Car non, un enfant précoce n’est pas un petit génie fou de mathématiques qui gribouille furieusement des suites logiques sur les murs de sa chambre. Non, un enfant précoce n’est pas forcément un enfant brillant à l’école et en général, il a des résultats plutôt moyens voire, peut être en échec scolaire.

Certains passages m’on semblé justes, et j’ai retrouvé mon Doudou à travers certains profils:

  • sa complexité
  • le décalage entre l’âge réel (8 ans) et l’âge « psychique » (entre 13 et 16 ans, pour grossir le trait)
  • sa frustration et ses angoisses
  • sa graphie déplorable
  • son hyper-émotivité
  • l’ennui qu’il peut ressentir face à certains apprentissages.
  • les incompréhensions et conflits au sein de la cellule familiale.

Le passage sur la conversation entre la petite Alice et sa mère a fait écho et j’ai sorti les mouchoirs car il pointe du doigt le sentiment de culpabilité que les parents d’enfants précoces ressentent (voir L’enfant précoce et la culpabilité du parent)

Le point négatif du documentaire, à mon sens, c’est d’avoir choisi de le tourner au sein d’une école spécialisée parisienne car cela est révélateur d’un double échec:

Le premier, celui de l’Education Nationale, incapable de prendre en considération les enfants précoces et de répondre à leurs besoins parce qu’il y a une méconnaissance totale du sujet. Les profs en sont encore au stade de « précoce = génie » et ne comprennent pas qu’il est difficile pour ces enfants de rentrer dans le moule de l’école. Loin de moi l’idée de leur jeter la pierre, ils ne sont pas formés à ça et les clichés ont la peau coriace.

De cette idée découle donc le deuxième échec, celui de l’égalité des chances. Seules les personnes aisées sont en mesure d’offrir un enseignement parallèle (ici, une école à 8000 euros l’année) dans lequel peut enfin parvenir à s’épanouir leur enfant.

Car détecter un enfant précoce a un coût. Il faut savoir que faire passer les tests de précocité coûte la modique somme de 200 euros environ, sauf s’ils sont réalisés par un psychologue scolaire, l’inconvénient majeur restant le délai d’attente. Alors dans l’urgence, et parfois devant le mal-être de son enfant, on court chercher des solutions, peu importe la somme. A cela s’ajoutent les nombreuses consultations chez le psychologue, remboursées de moitié, si mes souvenirs sont exacts. Tout cela a un coût non négligeable, que les CSP moyenne et élevée peuvent absorber. Les CSP  favorisées semblent encore une fois être les seules à avoir les codes pour déceler la précocité de leurs enfants et être en mesure de répondre à leurs attentes alors que la précocité concerne toutes les CSP sans exception.

Le documentaire débute avec cette phrase: « Il y a environ 500 000 enfants précoces détectés en France ». Qu’en est-il des non détectés? De ceux qui passent à la trappe? De ceux qui sont en échec scolaire et qui sont en total décalage avec le monde qui les entoure? De ceux que l’on a mal orientés sans avoir mis le doigt sur leur potentiel? De ceux qui seront toujours frustrés et qui n’auront jamais de réponse? De ceux qui seront mal dans leur peau, mal dans leur être, mal leur vie?

Autant de questions auxquelles nous devons répondre, ou du moins essayer.

Et pour info, quelques clés pour connaître un enfant précoce:

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