La tête dans les nuages·Norvège

La Norvège avec les Nains # Trolltunga

Quand avec Monsieur S. on a décidé de voyager en Norvège, on a feuilleté des guides et cherché des randonnées sympas à faire avec les Nains. On est évidemment tombé sur le célèbre cliché de Trolltunga, « la langue de troll », en norvégien, cette plateforme naturelle à 1100m au-dessus du lac Ringedalsvatnet. 

Et puis quelques mois plus tard, tu te retrouves là avec tes Nains:

On a beaucoup réfléchi avant de faire cette randonnée avec les Nains car elle est difficile de par son dénivelé et sa longueur. En cherchant sur le web, on trouvait peu de témoignages de parents l’ayant effectué avec des jeunes enfants, ce qui nous faisait fortement hésiter sur sa faisabilité.

La randonnée qui mène à Trolltunga c’est 900 mètres de dénivelé et 20 km si tu pars du parking de plus haut. En effet, il faut savoir qu’il existe 3 parkings:

  • P1 se situe à Tyssedal, le village le plus proche.
  • P2 coûte 50€ la journée mais t’impose de monter 4,5km de lacets goudronnés interminables au dénivelé impressionnant. La plupart des gens se garent à se parking mais c’est franchement une erreur car la route est inintéressante au possible et difficile, de surcroît.
  • P3 coûte 60€, certes c’est une somme considérable, mais avec deux enfants de 8 et 9 ans, on s’est dit qu’on allait leur épargner 8km aller-retour inutiles et sans intérêt. On s’est aussi rendu compte qu’il fallait absolument réserver auparavant la place de parking car seules 30 voitures peuvent se stationner en haut: P3 Trolltunga.

L’existence de ce parking modifie notre avis sur la randonnée: elle passe de 28km à 20km, et cela semble plus approprié pour nos Nains, même si le kilométrage reste conséquent. Alors, c’est vrai qu’ils sont plutôt sportifs, ils ont l’habitude de marcher et de randonner mais n’ont jamais effectué de distance aussi longue. On hésite encore car selon les témoignages, le début est difficile car la montée est très raide et…longue.

Puis on se décide enfin sur place: il va faire un soleil éclatant ce mercredi, pas de vent et des températures autour de 20°… On y v a! Advienne que pourra.

On part de Bergen la veille en direction de Odda, le village le plus proche du départ de la randonnée. Juste 137km qu’on fait en quasi 3h pour deux raisons: on ne peut rouler à plus de 70km/h car les routes qui longent les fjords sont sinueuses, à l’instar des routes de montagnes. Par ailleurs, il y a un système de péage en Norvège: ta voiture est badgée et à chaque fois que tu empruntes une autoroute, elle est enregistrée. Tu reçois la facture (salée) plus tard. On essaie donc d’éviter un maximum les routes payantes car on n’a pas envie d’hypothéquer la baraque en plus de craquer les PEL des gosses.

A notre arrivée on visite Odda, au pied du Sørfjorden aux couleurs d’émeraude. C’est beau et on imagine facilement la rudesse de la vie ici en hiver. Je demande souvent à Monsieur S. comment font les gens pour vivre ici en hiver, de quoi vivent-ils, où travaillent-ils, comment se déplacent-ils? Et selon lui, ils vident le pays à l’approche de l’hiver …

On dort à Tyssedal, une espèce de hameau au pied du départ de la randonnée pour être parmi les premiers à l’ouverture de la barrière du parking.

A 6h15, notre bonne vielle Skoda passe la barrière de contrôle du P3…c’est parti pour l’aventure! On grimpe ces interminables lacets en croisant des marcheurs partis très tôt. Voiture garée, sac-à-dos pleins, Nains équipés, on est parés pour 3km de montée difficile et raide. Ensuite, il nous restera 7km de chemin plus ou moins facile avant d’atteindre Trolltunga.

Les Nains grimpent bien dans la roche, il fait doux, le soleil se lève, Numéro Bis siffle et doudou s’économise en montée. Lentement, mais sûrement!

La grimpette s’achève et s’offrent à nous des « landes de pierres », comme cite Numéro Bis.

Le sentier est bien balisé par des marques et de longs piquets. On est loin d’être seuls sur le chemin, c’est ce qui fait la controverse de Trolltunga: c’est une randonnée splendide et incontournable mais touristique à la fois car mondialement connue. On croise pas mal de marcheurs qui ont dormi sur site et redescendent, tentes dur le dos.

On finit la montée en longeant le lac en contrebas, le panorama est splendide!

Trolltunga est à portée de chaussures, on accélère un peu et nous arrivons près de la langue au bout de 3h10 de montée (à 9h30).

Une queue de randonneurs s’est déjà formée pour que chacun puisse marcher sur la langue et prendre des photos. C’est aussi ça, Trolltunga: plus tu démarres tard la rando, plus tu attends pour fouler la langue de pierre. Nous avons patienté environ une demi-heure, ce qui est très peu, alors que Monsieur S. décide de ne pas monter sur la langue pour prendre des clichés.

Tu me demanderas: cela vaut-il vraiment le coup, n’est-ce pas trop surfait? Cent fois je te répondrai que oui, il faut vraiment le faire parce que se retrouver dans ce lieu mythique, perché au-dessus du vide avec cette vue indicible, c’est tout simplement magique. Les neiges éternelles, l’eau turquoise du lac, le contraste avec la dureté de la roche…ici tout te rappelle que tu n’es rien, un minuscule détail au milieu de l’immensité et de la beauté du monde.

On reste quelques minutes sur la langue pour ensuite laisser place aux autre marcheurs. On assiste à une demande en mariage sur la langue, au randonneur qui effectue un Kamehameha (les fans de Dragon Ball comprendront), aux poses de touristes slaves qui se prennent pour des actrices sur le tapis des Emmy Awards. Mais on voit aussi des randonneurs qui prennent des risques démesurés en s’asseyant au bord de la langue, prenant des poses ultra dangereuses juste pour un cliché. On a fermé les yeux et tourné la tête pas mal de fois pour ne pas assister au pire car certaines personnes sont vraiment ahurissantes d’inconscience!

Il est 10h15 environ quand je remonte de la Trolltunga avec mes Nains-cabris. On s’installe à une dizaine de mètres pour pique-niquer au calme et loin de la file d’attente qui commence à grossir considérablement.

Je n’ose même pas imaginer ce que ça va être dans deux heures…

Les Nains se refont la cerise à grands coup d’eau fraîche de torrent et de sandwiches et on amorce la descente vers 11h. Evidemment on met plus de temps sur le retour: on prend le temps d’observer davantage le paysage car à l’aller, l’objectif était d’atteindre le plus rapidement possible Trolltunga pour éviter la cohue.

Et puis les Nains commencent à fatiguer, ils ont déjà 14km au compteur. Numéro Bis se plaint d’un point de côté qui ne passe pas. Je le lance alors sur la consistance de la corne du narval et c’est reparti comme en quarante: 3km de monologue sur la légende du narval, qui dévie vers le marsouin, le front du dauphin qu’on appelle « melon », la bouche de l’étoile de mer, en passant par le centième récit des aventures de la classe de mer, la pêche du syngnathe aiguille pour finir avec la fameuse fucking veillée crêpes à laquelle j’ai l’impression d’avoir moi-même assisté tellement j’ai entendu le moindre détail des dizaines de fois. Numéro Bis en oublie son point de côté et moi j’ai besoin d’une boîte de Doliprane…

Doudou traîne un peu la patte mais il a décrété qu’il « ne se plaindrait pas de toute la randonnée ». Je les aime, mes têtes de mulets.

On fait des pauses régulièrement, on remplit nos gourdes dans les torrents, on rafraîchit nos pieds dans les ruisseaux car il commence à faire chaud. On croise quelques randonneurs qui montent en petites baskets blanches (!), d’autres avec des parapluies pour se protéger du soleil (!!) et d’autres ne portant que leur short-brassière (!!!). C’est le festival du n’importe quoi.

Dernière difficulté: la franche descente de 3km qui pique les cuisses et les petits mollets de mes cabris mais qui ne se plaignent pas une seule fois.

Ils l’ont fait, les bougres, mes ragondins des Carpates, mes lapins de six semaines, mes Nabots courts sur pattes! ❤️

6h40 de marche, 900m de dénivelé et 20km plus tard, on remonte dans la Skoda pour reprendre la route direction Bergen. Mais cette fois, on prend le ferry à Jondal: 2h30 de route avec vue sur Sønefjord et Eidfjord.

Eaux turquoises et émeraude au programme, multiples cascades le long du trajet. On en prend encore plein les yeux… En résumé, c’est ça, la Norvège: tu n’en finis jamais de t’extasier!

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