J'ai des choses à dire

Et huit.

Tu as déballé tes cadeaux à la vitesse grand V et enfilé le maillot de foot que tu désirais tant.

On a invité les cousins du sud et on a rempli les assiettes de bonbons et de cookies. Mamiray a préparé des crêpes au Nutella et moi ton gâteau au chocolat.

Vous avez fait des énormes bulles de savon, joué à la chasse au trésor dans le jardin, lancé des défis, couru comme des dératés, crié comme des aliénés.

On a ri, échangé et profité de ce moment simple en famille.

Huit ans.

Huit ans à te regarder observer le monde, à partager ta bulle, à voir ton caractère s’affirmer, à espérer le meilleur pour toi.

Huit ans et des rêves d’espion, des écritures exutoires, des tee-shirts à l’envers, des besoins d’évasion, de l’émotivité à en revendre, des chutes mémorables, des je t’aime pleins de pudeur.

Joyeux anniversaire mon Doudou magique.

J'ai des choses à dire

On dirait le Sud.

Se gaver de chaleur.

Manger dehors à tous les repas. Se faire dévorer par les moustiques à tous les repas.

Entendre Numéro Bis imiter l’accent du sud. Toute la journée.

Être seuls sur la plage parce que LE nuage a découragé les autochtones.

Manger des tomates du jardin qui ont le goût de tomates du jardin.

Se rouler dans les vagues et rire à gorge déployée. Vider son maillot de bain des petits cailloux.

Regarder la peau des Nains couleur pruneau d’Agen et rire de leurs fesses couleur haricot blanc de Soissons.

Se faire taxer de narcoleptique. Nier.

Faire des mots-mêlés niveau 1. Se trouver super douée.

Aller à Leclerc juste pour rencontrer les gitanes locales et les écouter parler. Se bidonner.

Faire un footing à 18h dans les caillasses et la garrigue. Se liquéfier sous la chaleur.

Écouter le bruit des vagues…et celui de la voisine de serviette qui hèle sa petite-fille Tiphaineuuuuuu, Tiphaineuuuu toutes les vingt secondes malgré ses quatorze ans. La fusiller.

Entamer son troisième livre de l’été. Avoir déjà oublié le titre des deux précédents.

Se refamiliariser avec la conduite sudiste. Beugler au volant.

Se repaître d’un menu plage-sieste-piscine quotidien. Et ne pas culpabiliser.

 

 

 

J'ai des choses à dire

Deux grandes billes.

On se rapproche de la scène, je te porte sur mes petites épaules. Les projecteurs s’allument et je te sens tressaillir. Les musiciens entament une chanson que tu connais pas cœur et je t’entends chanter discrètement le refrain. 

Les projecteurs s’éteignent et j’en profite pour te faire descendre, tu pèses une tonne, mon fils. Je te cale sur ma hanche, comme il y a sept ans, et je peux voir tes deux grandes billes écarquillées dans la pénombre.

Deux grandes billes émerveillées lorsque les lumières se rallument, les musiciens se déchaînent, la foule chante et danse à l’unisson, les bras levés.

Deux grandes billes hypnotisées par une scène explosant d’énergie.

Deux grandes billes qui me regardent de temps en temps et qui m’interrogent lorsqu’un grand gaillard vient te parler et « checker » avec toi, pour le plaisir.

Deux grandes billes rieuses quand nous sautons avec la foule. Porté par la musique, tu chantes à tue-tête. Les gens autour te regardent, amusés, mais tu ne t’en rends même pas compte: tes deux grandes billes restent absorbées, elles savourent le moment présent. 

Qu’est-ce que je les aime, ces deux immenses yeux noisette. 

Qu’est-ce que je l’aime, ce moment.

Qu’est-ce je t’aime.

J'ai des choses à dire·On se régale...ou pas!

Cuisine avec ton dico!

Si tu suis un peu ce blog, tu sais que j’aime bien cuisiner et découvrir de nouvelles saveurs. Parfois même, j’ose tester les recettes de magazines féminins, tu noteras à quel point je suis une aventurière.

Récemment, je suis tombée sur cette recette:

IMG_1003

Etape 1:    WTF ? (What The Fuck? –pour ma mère-)

Mais bordel qui a compris cette recette?! Où est le Larousse? Non, pas le temps. Où est mon portable, que je te googlelise tout ça.

Etape 2:    Internet, je t’aime.

  • moghrabieh: La moghrabieh ou moghrabiyyé est une variété orientale du gros couscous. Les pâtes ont la taille des pois chiches quand elles sont cuites. (source : https://histoiredepates.net)
  • zaatar: mélange d’épices du Moyen Orient (source : wikipedia)
  • mélasse de grenade: Son goût fruité et son astringence en font un excellent ingrédient pour les plats sucrés salés, les vinaigrettes et les marinades. Elle est fabriquée à partir du jus d’une certaine variété de grenade très acide. Additionné de sucre et de jus de citron, ce jus est réduit jusqu’à obtention d’un sirop épais et très foncé.

 (source : www.beyrouthparis.com)

  • labné: (labneh) en arabe : lait fermenté concentré traditionnel issu du rayeb égoutté, qui est originaire de la ville de Chtaura dans la plaine de la Békaa, un plat typique de la cuisine libanaise, syrienne et palestinienne. Ce plat est très commun dans les autres pays du Levant.

 

Etape 3:    Ce que j’ai compris.

Une recette libanaise ou syrienne. Du Proche-Orient, quoi. Avec du poulet et des épices.

Etape 4:    Problème de localisation.

Merde, j’avais oublié que je vis dans la France rurale. Aucune chance de trouver ces ingrédients à Leclerc drive. Si je les commande par internet, ça va faire un peu juste pour les avoir avant le repas de ce soir… Et je vais payer 25€ de frais de port.

Etape 5:   L’abandon.

Je vais faire un taboulé. C’est pas mal aussi, le taboulé.

J'ai des choses à dire

Les ind10pensables de Grazzia

Je ne sais pas toi, mais quand je feuillette la presse féminine, je fais de l’hypertension. En principe, les magazines sont censés te détendre et te permettre de passer un agréable moment. Chez moi, l’effet inverse est garanti et en général, Monsieur S se met à l’écart parce qu’il sait -à juste titre- que je vais tout simplement gueuler.

La semaine dernière, j’ai jeté mon dévolu sur Grazzia. Bien mal m’en a pris car dès les premières pages, je tombe sur ça:

grazzia-indispensables.jpg

Ma première réaction a été la suivante: Je ne vois pas en quoi le bracelet Chaumet à 1260€ revêt un caractère indispensable, sauf si tu es Kim Kardashian.

Ma deuxième réaction a été d’additionner les ind10pensables de cette mignonnette journaliste déconnectée, semble t-il, de toute réalité du monde dans lequel nous vivons.

  • pull manches même pas longues: 170€
  • bracelet pas terrible mais tellement hors de prix qu’il est bien: 1260€
  • Veste pour se rendre au dojo: 430€
  • ah…les sandales du prolo. Je suis contente, la journaliste a pensé à 90 % de la population: 10€
  • LA montre qui donne l’heure aux presbytes: 260€
  • Le maillot avec un ananas qui viendra joliment décorer ton pubis: 375€
  • Les lunettes noires avec les 8 traces de feutre rouge indélébiles laissées par le Nain désœuvré du concepteur, un soir où son père buvait des mojitos au bord de sa piscine ultra lounge de la côte Estérel et dont l’attention était focalisée sur l’ananas qu’ exhibait la bombasse en maillot devant lui: 70€
  • Un pantalon large pour faire du bateau. Mais nous on fait pas de bateau.: 80€
  • Une robe pour celles qui mesurent 1,80 au garrot, ont des seins qui tiennent sans soutien-gorge et n’ont pas de ventre. Une robe, donc, pour les femmes qui n’ont pas d’enfant (et qui sont pétées de blé aussi, évidemment) : 365€
  • Le sac de Mamie Yvonne, mais comme c’est de Chanel, c’est amazing!! Sur le site de Chanel, il est à 3700€. Je vais en prendre deux, je pense.

Donc, on additionne tous ces petits chiffres des Ind10pensables de cette connasse de journaliste de Grazzia, ce qui nous fait 6720€ d’Ind10spensables, qui ne te permettent même pas de bouffer.

6720€… cinq smic…

Alors voilà, Madame la journaliste de Grazzia, je vais te faire, moi aussi, ma liste des Ind10pensables de ce mois-ci:

mes-indispensables

Alors c’est sûr, c’est moins glam’ et ça ne vend pas du rêve, mais au moins, ça rentre dans mon budget.