J'ai des choses à dire

S comme Sephora.

Tu as une heure à tuer, seule, tranquille, sans Nain qui a faim, soif ou pipi. Une heure entière pour toi avec toi-même et tu décides d’arpenter posément les rayons du magasin Sephora. Lorsque tu entres, une jolie vendeuse au teint orange et aux yeux de biche t’accueille de son sourire Email diamant et d’un « Je peux vous parfumer? ». Non merci.

Tu flânes, indécise, dans un rayon et une deuxième jolie vendeuse très orange aux yeux de biche te demande si tu as besoin de conseils. A ton humble avis, c’est surtout elle qui en a besoin car depuis l’avènement de Donald Trump, plus personne n’ose arborer une telle couleur de teint.  Tu la congédies aimablement car tu n’as besoin de rien, si ce n’est plusieurs mojitos dans un bar de plage avec ta copine.

Tu campes devant les fards à paupières aux couleurs improbables, dont un jaune poussin douteux. Une troisième jolie vendeuse orange aux yeux de biche t’accoste: « Puis-je vous offrir une fleur parfumée » en te tendant une rose noire en tissu, prête à l’asperger d’un nouveau parfum tendance, le tout accompagné d’un sourire éclatant Email Diamant. Même pas un peu de rouge à lèvres sur une dent. Décevant. Tu refuses poliment la charmante proposition avec un sourire d’ancienne tabagique adepte de café.

Tu quittes le rayon Clown pour faire une halte au rayon « Ravalement de façade », soit crèmes anti-âge-qui-coûtent-une-blinde. Une fucking jolie quatrième vendeuse orange t’aborde : « Puis-je vous offrir un ruban parfumé », prête à asperger le mini ruban pailleté du parfum tendance. Elles commencent vraiment à te gonfler, les poupées russes. Tu lui rétorques un peu sèchement qu’elle et ses copines orange pourront revenir t’accoster lorsqu’elles offriront le parfum.

Tu passes en caisse car tu as craqué sur un mascara noir yeux de biche à vingt-cinq euros et une cinquième (mais combien sont-elles?! Tu as l’impression d’être Neo face à Mr Smith dans Matrix) vendeuse orange aux yeux de biche te propose « Voulez-vous que je vous parfume avant de partir? ». Mais c’est quoi le plan commercial Sephorique? Le harcèlement de la cliente via le parfum? Elle sourit version Email Diamant et là, tu la vois. Cette grosse trace de rouge à lèvres pourpre sur l’incisive Email Diamant. Elle t’apaise, cette trace de rouge à lèvre. Elle vient consoler ton teint blafard, tes cheveux secs, tes yeux cernés, ton bouton d’acné des 38 ans. La pauvre… Si elle savait. Ses oranges de copines ne lui ont même pas signalé son sourire ridicule. Des  hyènes oranges aux yeux de biches. Tu passes les portes de l’univers impitoyable Sephorique en arborant ton plus beau sourire d’ancienne tabagique adepte de café. Cette petite sortie en solitaire à Sephora t’a fait un bien fou. Faudrait que tu t’y rendes plus souvent.

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I♥Picardie·J'ai des choses à dire

Et puis le temps s’est arrêté.

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On peiné à ouvrir les volets à cause de la neige. On a attendu un peu que le ciel s’éclaircisse pour enfiler nos pantalons de ski, nos bonnets et nos gants. Un avant-goût des vacances à la neige.

On a donné rendez-vous aux enfants du village pour faire une bataille de boules de neige. Chacun a sorti ses luges et on est parti à la recherche d’une pente digne de ce nom. On a imaginé une piste dans une pâture, que l’on a dévalée à fond la caisse, petits comme grands.

Et le Temps s’est arrêté.

On a entendu nos pas craquer dans la neige, on a regardé les branches des arbres ployer sous les flocons, on a hésité avant de se jeter dans les dunes blanches de crainte de perturber le paisible paysage.

Puis on a improvisé un repas entre amis, une bulle de rires et de cris d’enfants, une pause sur la portée de notre quotidien. Des vestes qui sèchent près du poêle, des chips sur le tapis du salon, un poulet dans le four, des verres bien remplis et une après-midi qui s’étire comme le sucre des berlingots de la fête foraine.

Le Temps s’est arrêté et il devrait le faire plus souvent.

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J'ai des choses à dire

Mode d’emploi des soldes efficaces.

voi

Les fêtes ont très largement entamé ton budget et ton compte en banque ressemble à la dette grecque. Peu importe, il y a des priorités.

A force de frotter ses genoux sur les gravillons, de traîner dans la bouillasse, de faire des dérapages incontrôlés sur le carrelage du salon, ton Nain a grandement besoin d’un nouveau joggos (un pantalon de jogging, pour les puristes). Ça tombe bien car aujourd’hui c’est le premier jour des soldes.

Comme tous les hystériques de ta ville, tu te rues donc dans ton magasin préféré, le magasin de sport. Ils te connaissent bien, là-bas (➡️ Le magasin de sport)…

17h30: Tu entres dans le sanctuaire. Peu de monde et étiquettes fluos -50% partout, ça s’annonce plutôt bien. Tu attaques par le rayon ski, même si tu n’as besoin de rien.

17h45: Dans ton charriot tu as jeté une paire de moufles, deux brassières de sport à essayer et un pantalon de ski enfant ainsi que deux joggos de marque à -50% dans la bonne taille, ça relève du miracle. Tu es contente: objectif atteint (avec dommages collatéraux).

18h: Tu as épluché le rayon fashion (si on peut l’appeler ainsi) et le rayon running qui te propose des minis-shorts et des débardeurs. Ça tombe pile poil, il fait super beau en ce moment et tu ne rêves que d’une chose: dévoiler tes jambes translucides et non épilées pour arborer un mini-short.

18h10: Après avoir arpenté le rayon chaussures, tu croises une connaissance. Vous discutez devant les crampons de foot.

18h20: Vous discutez devant les crampons de foot.

18h25: Vous discutez devant les crampons de foot et une petite voix te rappelle que ton Nain termine son entraînement à 18h30.

18h26: Ton charriot roule à toute berzingue dans le magasin en direction de la caisse.

18h27: Vision d’horreur, le département entier s’est visiblement donné rendez-vous à la caisse.

18h28: Abandon du charriot aux caisses.

Des soldes efficaces. Un peu longs, mais efficaces.

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L’histoire d’une fille pas comme les autres.

On s’est connues il y a quinze ans, une amie d’amis. A l’époque, j’étais étudiante et elle vendait des téléphones portables dans une galerie marchande. On n’avait pas vraiment beaucoup de choses en commun, si ce n’est la franchise, l’honnêteté et l’envie de rire et de manger le monde.

Puis un jour elle s’est lassé de son petit univers confortable et a décidé de tout quitter pour d’autres horizons: la Réunion, où elle vend aussi des téléphones portables. Là-bas, elle rencontre son double, un gars gentil natif du Cantal. Ils décident alors de rentrer ensemble sur le continent pour s’installer à Aurillac car ils ont un projet commun: monter une affaire entre les montagnes auvergnates.

Elle reprend des études, un BEP agricole en élevage caprin. La nuit, elle bosse dans une usine de fabrication de bouchons de parfum. Lui enchaîne les petits boulots. Ils investissent alors dans une exploitation qu’ils défrichent et une vielle grange qu’ils restaurent de leurs propres mains, avec l’aide de qui veut. Ils installent une tente de fortune dans la grange qui leur sert d’habitation. Le premier hiver est rude sous la tente…on sait bien qu’Aurillac est toujours citée pour ses températures les plus froides en hiver (« …et -5° à Aurillac dans l’après-midi « ). L’année suivante, il construisent dans l’immense grange rénovée un petit espace en guise d’appartement : chambre-bureau, salle de bain et cuisine. Le grand luxe! Ici pas de télé, pas de lave-vaisselle. Juste une connexion internet qui leur permet de promouvoir l’entreprise. Le strict minimum requis et de toutes façons, comme elle dit, on n’a pas besoin de plus.

Elle se fait son cheptel de chèvres (37 l’été dernier) qu’ils élèvent comme leurs filles: avec soin, attention et amour. Son laboratoire flambant neuf lui permet de fabriquer ses fromages qu’ils vendent en direct à la ferme, aux marchés environnants et aux restaurateurs du coin.

Elle est souriante, dynamique, authentique, courageuse comme pas deux.

Elle s’appelle Natacha Escudié. Et je suis fière d’être son amie.

 

Ferme le Combelou

Le Bourg

15250 Tessières de Cornet

https://www.facebook.com/La-Ferme-Le-Combelou-873098256160116/?fref=ts

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J'ai des choses à dire

Et puis on a regardé Love actually.

On a tous quelque chose en nous de Love Actually, le film choral de 2003 de Richard Curtis.

Chaque année à l’approche de Noël, les chaînes de télévision nous ressortent ce bon vieux classique dont certaines scènes sont devenues cultes, notamment le petit déhanché de Hugh Grant.

 

Et chaque année toi aussi tu te demandes pourquoi tu regardes à nouveau ce film mièvre à souhait, aux personnages improbables et qui pue la « bien-pensance ».

Tout simplement parce que peut-être tu en as assez de vivre depuis un mois dans le brouillard et que tu n’as pas vu un rayon de soleil. Alors pourquoi pas se vautrer devant un film rose bonbon au goût de guimauve?

Tout simplement parce que tu en as assez d’entendre ou de voir des catastrophes en boucle: un choc entre un train et un bus rempli de gosses, des migrants qui crèvent la dalle, des enfants maltraités, des familles explosées de douleur, des maîtres du monde prêts à tout faire péter. Alors pourquoi ne pas se délecter pendant deux heures de bons sentiments qui dégoulinent, de sourires éclatants britanniques, le tout saupoudré de magie de Noël, de clochettes qui tintent et de paillettes qui scintillent?

Tout simplement parce que ce monde est laid, sali, injuste et à l’image de ce que nous sommes. Alors pourquoi ne pas reprendre une bonne dose d’espoir et de positivisme en se gargarisant d’amour, d’amitié, de pardon, d’entraide et de bienveillance.  Amen.

Love actually c’est comme une douche chaude après un footing. Ce n’est pas du grand cinéma mais le film a le mérite de faire du bien et de réchauffer les coeurs. Voilà pourquoi on replonge chaque année.