La vie à 4

1 mois 10 phrases # Mai 2017

1) Moi: « Tu sais ce que c’est une calèche?

-Oui, c’est une arme.

– Hein? une arme?

-Ben oui! Une calèchenikov ! »

2) « Mémé, y’a pas beaucoup de rations dans ton frigo! »

3) « -…Et le petit du lapin, comment on l’appelle?

– Le lapinou! »

4) « – Que fais-tu?

-Je décolle mon zizi de mes testicules… »

5) Le souhait de Numéro Bis :  avoir un…

Un Ipod

6) Dialogue mère – Nain de 7 ans:

« – J’ai une nouvelle amoureuse . Je lui ai annoncé que j’étais tombé amoureux d’elle.

– hé bien c’est super d’être amoureux !

– oui. Mais mon copain Hugo dit qu’il vaut mieux rester célibataire, comme ça on est peinard ! »

7) « En fait, Mamie, ton ventre c’est comme la bosse du dromadaire. Tu stockes la graisse dedans! »

8) Doudou  m’écrit des mots doux sur ses brouillons de maths:

9) Doudou: « T’es pas venue me voir au tournoi de rugby…!

Moi: Ben si! Mais vous étiez déjà partis!

La maîtresse: Ah? Vous êtes venue à quelle heure?

Moi: vers 14h20…

La maîtresse: On y était pourtant… Mais vous êtes allée où?

Moi: Manifestement, pas au bon stade…

10) La mère curieuse: « -Et toi, Numéro Bis, ça va avec ta fiancée?

Numéro Bis: -Ben oui…

Doudou: -Même pas vrai! On dirait pas que c’est sa fiancée: elle ne le colle même pas et ne le suit jamais à la récré. Ils font leur vie chacun de leur côté! »

arretez-dêtre-collant

J'ai des choses à dire

La vie rêvée d’Alysson Paradis

Il y a des histoires qui te bouleversent, qui t’emeuvent. Par exemple, celle d’Alysson Paradis. La sœur de Vaness’, oui. Et tu sais qu’elle a la vie dure, la pauvresse. D’ailleurs, elle en parle dans le magazine Elle de la semaine dernière. 


7.00 Mon putain de réveil s’allume. Oui, il s’allume progressivement pour que la lumière simulée de l’aurore me sorte lentement de mon sommeil de plomb. Généralement, ça ne m’empêche pas d’être de mauvais poil au réveil.  Mes Nains dorment encore et je ne déjeune pas avec mon amoureux qui, lui, a déjà fait son footing, pris sa douche, regardé les infos, et repeint ses bonshommes du babyfoot. Je déjeune seule, dans le calme et j’irais même jusqu’à citer Stéphan Eicher : »en paix », Et dis donc, Alysson, c’est quoi ce petit déjeuner de bobos parisiens sans gluten sans gras sans rien, Hein ? Autant se faire un bol d’herbe fraîchement coupée arrosé de Contrex. Non, crois moi, rien ne vaut un bon litre de café agrémenté de deux tartines de gluten beurré pour essayer de survivre chaque jour.


14.30 J’en suis à mon deuxième Doliprane 1000. Je m’évertue à ouvrir les esprits de Nains plus ou moins ouverts. C’est ma « Réu » de chantier à moi. Après, je ne vais pas à une expo. D’ailleurs, qui va voir une expo un après-midi de semaine? Ah si! Alysson doit être une prof en sortie scolaire…à part ça, je ne vois pas.


23.30 J’ai sombré depuis deux heures devant le générique de début du film. Monsieur S ne m’attend ni avec un verre de vin ni avec des chocolats, on est plutôt bières-chips mais l’heure de l’apéro est passée. On ne regarde pas des séries qui ont pour titre « Girls », c’est foutu d’avance. Moi aussi je rêve de Cuba ou d’Argentine depuis environ vingt ans mais mon petit doigt me dit que ça ne va pas se faire tout de suite. On ne connaît pas cette Céline Salette, manifestement connue des lectrices de Elle. Et personne ne nous offre de livre qui s’intitule « Le bonheur », on lui aurait claqué à la gueule. 

J'ai des choses à dire

En toute simplicité.

À celle qui m’a toujours soutenue, écoutée, décodée.

À celle qui ne juge jamais l’Autre et l’accepte tel qu’il est.

Celle qui cache derrière sa discrétion une force et ténacité incroyables.

À celle qui me fait rire, l’air de rien.

Celle qui nous aime de manière inconditionnelle et qui nous le dit, haut et fort, sans limite.

Celle qui me manque quotidiennement et qui m’envoie des SMS 💕😘❤️ qui font du bien.

Bonne fête Man’, je t’aime fort.

J'ai des choses à dire

Au ralenti.

On a garé la voiture et on est allé voir cette exposition en plein air de voitures de rallye. C’est bruyant, les pots d’échappement ronflent sur les paroles assourdissantes du speaker mais tu es content.

Puis on a déambulé dans les rues pavées du marché sous le soleil. Tu t’ arrêtes pour observer les poules, caresser les lapins et mettre tes doigts dans la cage aux canetons. On a ensuite parcouru les stands d’épices, tu sens les bacs d’olives et ça fait bien rigoler le marchand. On va voir les fruits, 16€ le kilo de cerises, faut pas déconner, on attendra encore un peu. Tu touches les nèfles et salives devant les framboises.

On passe devant un marchand arabe et on se paye le luxe de s’offrir une brick à la viande hachée. Il est 10h30 et on s’en fout. Tu croques dans ta brick et me décris les saveurs Y’a du poivre et puis du persil aussi. Ah tiens, y’a un oeuf aussi. Tu la dévores et essuies tes petites mains grasses sur ton gilet. Et on s’en fout aussi.

On s’arrête devant les stands de fleurs puis on repasse voir les animaux de basse cour. Tu tiens toujours ma main dans la tienne et tu souris. Tu me lances : « On se croirait pendant les vacances d’été, quand on va au marché ! »

Et moi j’avais oublié tout ça: marcher à ton allure, s’arrêter, regarder, sentir, toucher, goûter. S’arrêter encore. Vivre au ralenti et adorer ce moment.

J'ai des choses à dire

The place to be.

hôpital

Ahhhh l’Hôpital…

Tu arrives à 15h10 pour une consultation à 16h et tu te dis que tu vas être – pour une fois- hyper large niveau timing.

Objectif 1: se garer. Ou plutôt, poser ta caisse quelque part au vu du nombre limité de places de parking : environ deux. Tu valides miraculeusement l’objectif 1 après avoir sauté sur la place de Mamie qui bouge sa Twingo.

Objectif 2: le passage aux admissions. En fait, le hall d’entrée de l’hosto c’est The place to be de la ville. Tout le monde est là, manque plus que de la musique et qu’ils servent des mojitos. Le panneau d’affichage affiche le n°411. Tu chopes le 452. Parfait, il est 15h20. Manifestement, l’architecte de l’hosto a dû annoncer à ses collaborateurs, tout sourire: « On va faire une déco épurée. C’est tendance, la déco épurée, ça fait moderne. » De fait, ils n’ont mis que dix chaises pour la cinquantaine de personnes qui attendent. T’as l’impression d’être au rayon boucherie de Carrefour un samedi matin. 15h50, objectif 2 validé.

Objectif 3: trouver le secrétariat de ce putain de service dans le dédale hospitalier. 15h56 Check. Tu restes bien DERRIERE la ligne et attends que la secrétaire t’appelle au risque de prendre un missile Scud. La secrétaire valide ton rendez-vous, tu es contente. Elle t’invite à patienter au bout du couloir de droite, encore à droite puis devant la porte à gauche. T’as de la chance, il reste une chaise. L’horloge années 70 (sûrement encore un délire de l’archi) tourne ses gros chiffres bruyamment sur 16h00. Objectif 3 validé in time.

Objectif 4: ce putain de rendez-vous pris en urgence depuis…quinze jours. Une infirmière fort souriante et aimable t’accueille gentiment et te dirige vers The Doctor, assise majestueusement à son bureau. Commence alors une petite visite en ex-Union Soviétique.

-Pourquoi vous venez?

Je savais pas quoi faire de mon temps, je me suis dit que ça serait sympa d’entendre ton doux accent roumain. Tu expliques ton problème, rapidement car tu sens qu’il faut que ça dépote. Pas de fioritures. Du concis.

-Allez-vous asseoir là-bas.

Jawohl Tu obéis, t’as pas le choix, sous le regard compatissant de l’infirmière.

-Ouvrez la bouche et faîtes AHHHH.

-Et sinon, tu vas user de ta douceur longtemps? Si tu continues, je vais te vomir dessus, Ceaucescu. Tu ne vomis pas, tu as ta dignité, merde.

-Y’a tout qui va bien. Vous êtes stressée?

Si je suis stressée? Moi? Je suis le stress incarné. C’est moi qui ai inventé le concept. Tu lui réponds que manifestement, tu n’auras pas assez de temps de lui raconter l’histoire de ta vie.

-Bon, c’est chiant tout ça.

Sans blague. Qu’est-ce que je fous là, je me le demande.

-On va faire IRM pour voir si cerveau propre. A votre âge, risque d’AVC. Qu’est-ce que vous pensez? Et puis rendez-vous avec cardiologue aussi, service bien, je suis contente.

Ce que j’en pense? Putain là, Ceaucescu, je me sens beaucoup mieux. Apprendre potentiellement que je peux faire un AVC ou un infart’, j’avais vraiment besoin de ça pour me sentir mieux. Moi aussi je suis contente.

-Voilà papiers. Au revoir.

L’infirmière te raccompagne vers la sortie, le regard plein de « Ouais je sais, faut le voir pour le croire. Et moi je me la coltine tous les jours, la Nadia Comaneci de la poésie et de la délicatesse. Et t’as pas tout vu…Bon courage, ma cocotte, finger crossed. » Kiss kiss love love l’infirmière. 16h30, objectif 4 validé.

Objectif 5: envoyer des lettres anonymes à Ceaucescu avec écrit CONNASSE en lettres découpées dans les journaux. Lui joindre un exemplaire du roman La maladie de Sachs, de Matin Winckler. Et le coeur des femmes, aussi.