Cilaos et le bout du monde

Avant d’arriver au village de Cilaos, Il faut passer l’épreuve du feu: survivre à la route des 400 virages dans la montagne. C’est long, oui, mais ça pourrait être pire: faire le trajet en bus. Ici, les bus montent et descendent de Cilaos toute la journée et à toute berzingue. Et il faut le voir pour le croire: ils roulent à fond la caisse, klaxonnent à chaque virage mais ça c’est pour le principe, parce qu’en pratique, ils passent. Et toi, si tu es sur la voie inverse… tu t’arrêtes, tu fais marche arrière dans une pente à 10% et tu colles ta caisse à la paroi rocheuse.

Le petit village de Cilaos est mignon, encaissé dans le magnifique cirque du même nom.

Nos objectifs du jour sont : faire la randonné de la cascade Fouquet et acheter du vin de Cilaos. On n’a atteint qu’un seul objectif visé mais on s’est rabattu sur une randonnée très chouette, celle qui mène à la cascade du Bras-Rouge.

Il faut dire qu’on n’a jamais trouvé le départ de la rando de la cascade Fouquet mais en revanche on s’est retrouvé par hasard au départ du Bras-Rouge. Bon ben, allons-y!

Le sentier est ombragé, dans la végétation luxuriante. On entend des cris d’animaux (nos Nains). A part eux, c’est agréable et plutôt facile: pas trop de caillasses, terrain souple et surtout, pas de moustiques!

En lisant les guides touristiques, il était dit que la randonnée de la cascade du Bras-Rouge n’aboutissait qu’à un belvédère permettant de l’admirer. Or, on s’est vite rendu compte que l’on pouvait se baigner dans les marmites et profiter de l’eau cristalline et glaciale de la rivière. Les Nains ont barboté, nous on s’est contenté de les regarder essayer de rester le plus longtemps possible dans l’eau glacée. Eh oui, c’est l’âge des défis débiles et des « C’est moi le plus fort ». Cette période est très très longue. Bref.

En retournant à notre point de départ, nous avons la bonne idée d’aller au village de L’ïlet à Cordes pour pique-niquer à l’ombre. Nous voilà repartis pour un bon quart d’heure de virages à flanc de montagne afin d’accéder au bout du monde. Point de lieu pour pique-niquer… on en profite tout de même pour aller toquer chez des habitants pour acheter du vin produit à Cilaos, histoire de dire qu’on n’y est pas allé pour rien. Sur le retour vers Cilaos, on s’arrête à l’aire de pique-nique Fleurs Jaunes. Une magnifique cascade à 200m de l’aire nous attend, cachée dans la roche. C’est bruyant et splendide.

Et comme on veut en prendre encore plein les yeux, on décide de reprendre la route vers la côte (et ses 400 virages en sens inverse…) pour aller piquer une tête à la plage de L’Etang-salé, une plage de sable noir où la baignade est restreinte mais autorisée(filets anti-requins).

Une bière Dodo, des bouchons à la viande, un coucher de soleil, les Nains qui jouent à se couler dans l’océan… Autrement dit: le bonheur!

La Réunion: rando au Piton de la Fournaise et Entre-Deux

C’est la randonnée incontournable: tout le monde-ou presque- qui se rend à La Réunion monte au Piton. Même en tongs, pour certains inconscients.

C’est ce volcan toujours actif qui a façonné le paysage de la côte Est de l’île par ses multiples coulées de lave (cf La route des laves).

Photo Google

Départ de St-Pierre à 4h45 parce que les temps de trajet ici sont interminables. On fait la route en voiture de nuit et comme le GPS nous indique le chemin le plus court, nous traversons les villages en montant droit dans le pentu dans des sentiers.

Nous arrivons au point de départ de la randonnée vers 6h30, au lever su soleil. Il y a assez peu de monde, il fait doux et nous prenons les escaliers aux innombrables marches qui mènent à une plaine de lave.

La rando est annoncée comme suit: difficulté moyenne, 11km. Ca devrait le faire.

Nous bavardons pendant que nous marchons dans un paysage plutôt monotone: roche basaltique à 360°. Il y a des balises tous les mètres, de gros cercles blancs. Sauf que le même balisage sert à signaler plusieurs itinéraires… Et nous, pauvres débutants, nous suivons distraitement la famille qui randonne devant nous… et qui ne se rend pas au sommet du Piton. On nous avait bien dit: « Passez par Leo Formica », un petit cône volcanique juste devant nos yeux, qu’il suffisait de traverser au lieu de le contourner et de marcher 2,5km supplémentaires pour rien.

Leo Formica

Bref. L’avance que nous avions au début de la rando, nous l’avons perdue. Et quand nous rejoignons le bon itinéraire vers le sommet, c’est clairement l’autoroute des vacances: une colonne de fourmis besogneuses s’attèle à mettre un pied devant l’autre sur une bonne grimpette de 6km dans la roche escarpée. La montée n’est pas vraiment agréable car les crampons des chaussures s’agrippent aux gratons acérés de lave et le paysage est tristounet. Comme dirait une dame que l’on croise et qui semble dépitée (voire, au bout de sa vie): « Mais c’est toujours la même roche! Que de la roche, que de la roche, que de la roche… ». Somme toute, c’est une analyse juste de la situation. Ce à quoi Numéro Bis rajoute: « Elle est interminable, cette montée. » Oui, je confirme, elle est interminable. Et le soleil s’en donne à cœur joie sur nos membres pourtant crémés à l’indice 50.

On n’est pas mécontents lorsqu’on atteint enfin le cratère et que l’on prend fièrement la pose avec les pancartes illustrées qui nous y attendent. Voilà, on l’a fait. Y’a plus qu’à redescendre, et sans se tromper d’itinéraire. Pour résumer la descente, je reprendrai la phrase de la dame dépitée: «  »Mais c’est toujours la même roche! Que de la roche, que de la roche, que de la roche… ».

Et le meilleur pour la fin et pour nous achever: les 600 marches à monter pour rejoindre le parking. Les cuissots et le moral sont mis à rude épreuve après ces 15km sous un soleil cuisant. Il n’est pourtant même pas midi…

Pour se requinquer et surtout remplir les estomacs de nos deux Huns, nous faisons une halte pique-nique sur l’aire du Plateau du Nez de Bœuf. C’est très mignon, mais surtout bien aménagé et très propre. Ici il n’y a pas de poubelle: chacun rapporte chez lui ses déchets. Il faut savoir que le pique-nique est une véritable institution à La Réunion. Le week-end, c’est impressionnant: les familles se réunissent sur les aires et installent de véritables bivouacs avec bâches de protection vissées sur les poutres des kiosques, enceintes sono, cantines, etc.

Ensuite, comme on n’est pas suffisamment rincés par notre escapade dans la lave, on décide de s’arrêter au village typique de l’Entre-Deux sur la route du retour vers St-Pierre. Il fait une chaleur étouffante, on se sent sales et puants. On est sales et puants…

Arrivés à Entre-Deux, c’est le coup de foudre: ce petit village est niché dans les montagnes verdoyantes. Numéro Bis dira: « C’est Te fiti dans Vaïana! ». Il n’est pas très loin de la vérité!

On sillonne le village certes sous un soleil de plomb mais on apprécie les cases créoles colorées, la gentillesse et l’amabilité de ses gens, la nature exceptionnelle qui nous entoure.

Ce joli petit village traditionnel fait partie de mon top 5 du séjour, j’en suis tombée sous le charme immédiatement. Il faut s’y arrêter, non pas pour les boutiques artisanales qui en font le renom, mais pour son charme authentique.

La Réunion: Saint-Pierre, le Sud et la route des laves.

Après quelques mésaventures et une grosse période de travail pour Monsieur S. et moi, il nous fallait une déconnexion totale du ronron quotidien et un recentrage familial: nous reconnecter à nous quatre, partager ensemble, rire, profiter de nous.

Cap sur La Réunion pour nous évader, crème solaire indice 50 et bombes anti-moustiques Tropique dans les valises.

Voici une partie de notre séjour de 12 jours. Il n’apparaît pas selon un ordre chronologique mais plutôt géographique. Nous avons vadrouillé en fonction de la météo locale, des horaires (la nuit tombe vers 18h30), de nos envies et de notre fatigue aussi…

  1. St Pierre, le Sud et la route des Laves.
  2. Le Piton de la Fournaise
  3. la côte Ouest et les terres
  4. Le Piton Maïdo et le cirque de Mafate
  5. Cilaos et le bout du monde

L’arrivée à St Denis en legging polaire et manches longues est plutôt violente sous la chaleur humide et après avoir sué quelques litres d’eau en attendant notre loueur de voiture, nous empruntons l’unique route qui descend vers St-Pierre où nous logeons, Chérie FM la Réunion en fond sonore.

Encore groggys par notre vol de 11h, nous nous posons dans un snack à St-Leu face aux rouleaux de l’océan. Les Nains dévorent leur Américain respectif et les bouchons à la viande puis nous faisons une rapide halte au Souffleur où l’Océan Indien s’engouffre dans la roche.

Saint-Pierre

Cette ville est vraiment agréable, certainement parce qu’on y a admiré les plus beaux couchers de soleil de nos petites vies.

Il y a de jolis temples tamouls à visiter, un marché couvert, un marché ultra bondé le samedi matin près de la plage et un lagon où l’on peut faire du snorkling pour admirer les bestioles de l’océan. Nous avons investi la plage du marché forain: elle est paisible, les gens y viennent pour bavarder à l’ombre et pour regarder l’océan, tout simplement. Les Nains passent l’après-midi sous l’eau avec les poissons trompettes et les murènes. Pendant que les branchies leur poussent, on va acheter dans une des innombrables cahutes de bord de plage des samoussas, des bonbons piments et des bouchons pour les dévorer en regardant le coucher du soleil. Et il n’y a pas un coucher de soleil qui ressemble à un autre. C’est absolument extraordinaire.

Et comment ne pas aller visiter un lieu emblématique de l’île: La Saga du rhum, le musée de la distillerie Isautier. La visite guidée d’une heure est super, la dégustation encore mieux. Le plus dur est de choisir entre les rhums arrangés que l’on ne trouve pas en métropole.

La plage de Grande Anse

Doudou dira que c’est le paradis et il n’a pas tort. Nous nous y rendons à plusieurs reprises car elle est proche de chez nous et le paysage est époustouflant à n’importe quel moment de la journée, sous un soleil de plomb ou sous une pluie d’orage. C’est un paysage de carte postale: océan, plage de sable blanc (coraux) et cocotiers. Les lieux sont aménagés avec soin et sont très propres, l’ombre y est omniprésente et très prisée. Nous y sommes allés en semaine et un samedi et … c’est incomparable! Au calme de la semaine succède le brouhaha des sonos à fond du week-end: plage courue des familles locales, elles s’y réunissent, piquent-niquent, célèbrent des anniversaires ou autres fêtes. Chemins de table et chandeliers, guirlandes, grosses glacières et barbecues géants, bières Dodo à gogo et grosses enceintes qui crachent du son plus ou moins agréable. Ça vaut le détour, quel que soit le moment!

Pour la baignade, pas question de se jeter à corps perdu dans l’océan sauf si tu souhaites côtoyer du squale comme certains surfeurs téméraires. Une piscine naturelle a été créée, encerclée par la roche, qui protège des dangers de l’océan. Les Nains y passent des heures, vêtus de leurs plus beaux atours: masques Décathlon, tee-shirt UV et chaussures d’eau. Ici c’est le festival des poissons tropicaux: poissons balistes, poissons-coffres, Idoles des Maures, rascasses, murènes dans les coraux… On n’a pas assez d’yeux pour s’émerveiller.

La route des laves jusqu’à la chapelle Notre-Dame des Laves.

C’est notre première virée le lendemain de notre arrivée: le ciel est menaçant, il ne fait pas trop chaud (28°), la journée s’annonce donc propice à notre vadrouille en voiture le long de la côte sud-est.

Tout d’abord, halte au Cap Méchant pour être saisis par l’immensité et la violence de l’océan qui se fracasse sur les falaises noires et escarpées.

C’est un de mes endroits préférés de l’île. Je trouve le contraste entre la couleur de la roche basaltique et le bleu de l’océan stupéfiant.

Nous prenons ensuite la route des Laves : nous parcourons des paysages arides dus aux multiples éruptions volcaniques du Piton de la Fournaise mais où la végétation repousse étonnamment par endroits. Les Nains ramassent de la caillasse basaltique, ils sont contents. Il ne leur en faut pas beaucoup…

Nous atteignons notre point de retour: la chapelle Notre-Dame des laves à Ste-Rose, épargnée par la coulée de 1977. La petite expo en face de la chapelle a le mérite d’être explicite, courte et gratuite.

Sur le chemin du retour vers St-Pierre, nous faisons plusieurs haltes car il y a une multitude de points de vue sur l’océan ou de sites qui méritent vraiment de s’arrêter. En voici deux: l’Anse des Cascades et la Pointe de la Table.

L’ Anse des cascades

Un florilège de cascades dans la végétation luxuriante. Si tu ne veux pas augmenter le taux d’infectés par le chikungunya, prévois des manches longues et un pantalon parce que le site est un repère à gangs de moustiques.

La Pointe de la Table

Il faut se garer à l’arrache sur la N2 pour rejoindre le site et marcher environ 15min depuis la route jusqu’à cette table de roche volcanique qui donne sur l’océan. Des panneaux « Attention aux voleurs » jalonnent le chemin mais on n’a pas croisé âme qui vive ici.

De nombreux stands jalonnent la route et proposent des produits locaux: bananes de la Réunion (4 euros en moyenne le kilo. c’est très cher, oui, mais c’est mieux que les 6,90 de Leclerc…), avocats, piments faits maison, etc.

Nous cherchons un snack pour boire un jus de fruits frais. On trouve une cahute, on en ressort avec une bière Dodo et trois sodas… C’est pas vraiment la saison des jus de fruits frais mais peu importe, on va siroter nos boissons en admirant le paysage à couper le souffle.

Langevin, près de St-Joseph: son petit port et sa cascade

Il y a tellement de choses à voir et à faire ici que l’on ne sait plus où donner de la tête. Après notre escapade au Piton Maïdo et sa rando sportive de 5h qui surplombe le cirque de Mafate, on avait besoin de reposer nos chevilles et orteils.

On prend la direction du petit port de Langevin, près de St-Joseph, où l’on se gare facilement. D’ici on a encore une superbe vue sur l’océan et c’est aussi le point de départ pour se rendre à la cascade Jacqueline. Un petit sentier dans la forêt remonte la rivière Langevin et débouche sur une splendide cascade. Une petite plage de galets rend la baignade possible: l’eau est fraîche mais franchement pas glacée. On a connu bien pire dans les marmites pyrénéennes!

Concrètement, ici c’est un petit paradis. Il y a bien un panneau à l’entrée du sentier qui interdit l’accès mais en réalité, tout le monde s’y rend: pour y passer une journée le week-end en famille ou juste pour la photo instagramable…

Le cap Jaune

Cette petite rando familiale ne présente aucune difficulté. Le départ se fait depuis la marine de Vincendo, près de la plage de sable noir (baignade interdite sauf si tu veux observer les dents de requin de près). Le sentier côtier débute dans les vacoas, ces arbres endémiques aux longues racines, et mène à un petit cap aux tons étonnamment ocres.

En bref

Le Sud de l’île est si riche en découvertes qu’il nous faudrait une vie pour tout arpenter, voir et sentir.

Ce qui a le plus plu aux Nains dans cette zone: les baignades dans l’eau cristalline des cascades.

Mon côté fleur bleue ne se lasse pas des couchers de soleil sur l’océan, de son vacarme perpétuel, des oiseaux rouges dans les filaos, des cocotiers qui ploient sous le vent, de la beauté des enfants, …

12 octobre

Des racines. Déracine. Des racines déracinées.

12 octobre, ton anniversaire. La fête nationale espagnole aussi. Il n’y a pas de hasard. De cette manière, impossible d’oublier l’Une ou l’Autre.

Quand l’employé du Consulat d’Espagne de Paris m’a dit, tout sourire, “Bienvenida en España” le jour de l’obtention de mon passeport espagnol, j’ai fondu en larmes. Enfin, une petite pièce de mon puzzle intime retrouvait sa place. Longtemps je l’ai cherchée cette pièce, j’ai fouillé dans les fonds de mon moi comme on fait rouler dans ses mains des brassées de Lego dans un bac à jouets. Et puis un jour elle apparaît et comble un de ces vides inexplicables. Une affaire banale, somme toute. Rien d’extraordinaire, rien d’héroïque, une histoire familiale comme une autre. 

Je suis de ceux qui ont passé la frontière pyrénéenne en 36, 37 peut-être. A dos de mule? A pied? En plein hiver, les pieds gelés par la neige? Transis de froids et battus par les vents? Autant de questions qui ne trouveront jamais de réponses.

Je suis de ceux qui se lèvent tôt, de ceux qui vendangent, ont la peau tannée et almuerzan à dix heures d’un bout de pain et de sardines, arrosé de gorgées de vin rouge. Je suis aussi de celles qui élèvent une tripotée de gamins dans l’amour simple, de celles qui portent des blouses, de celles qui ont eu une enfance misérable, violente et silencieuse.

Mais pas d’appitoiement, ici on lève la tête et on avance. On s’intègre dans ce pays qui nous accueille, non pas à bras ouverts mais contraint et forcé.

1965, naturalisation française sur papier jauni et écorné. Les noms propres y sont écorchés, dénaturalisés. Teixido devient Texido. Teresa, Thérésa. Ramón, Raimundo, Raymond. Castellserà, Castellseras. Des petites lettres s’envolent ou s’ajoutent au gré des graphies et des méandres administratifs.  A cela se greffe et s’accroche la légende familiale: l’arrière grand-mère aurait changé de nom en fuyant l’Espagne. Elle était une rouge. Rectification faite par on ne sait qui, elle mettait du pain de côté pour les maquisards. Pas si rouge que ça finalement, mais ça suffisait pour prétendre à l’enfermement. Un mythe, peut-être. Certainement. Demeure cette petite fierté d’avoir été du bon côté, mais peut-être est-ce là aussi une histoire déformée et remodelée par les voix qui l’ont transmise. 

Des dizaines de pièces à retrouver pour construire une identité.

“Bienvenida en España”. Avec cette phrase, j’ai rajouté un i à Teixido. J’ai enlevé le h à Teresa. J’ai remis l’accent sur le o de Ramón. Et tout cela m’a fait sentir davantage moi.

La Finlande méridionale: Turku et alentours

Les points rouges sur la carte sont les lieux où nous nous sommes rendus et qui méritent le détour.

Quelque chose me perturbe quand on se rend dans les pays nordiques: il y a une multitude d’archipels et j’ai souvent envie de tout voir pour ne pas en perdre une miette. Or, c’est évidemment irréalisable et je perds un temps fou à choisir entre telle ou telle escapade. Disons que j’ai du mal à me réfréner. Si je m’écoutais, on ferait 600km par jour…

Après Helsinki et ses alentours et pour terminer notre séjour estival en Finlande, on a élu domicile pour une semaine à Turku, l’ancienne capitale du pays.

Turku

On prononce « Tourkou » en roulant de ‘r’. C’est une ville tournée vers la mer et traversée par l’Aura, la rivière sur laquelle les habitants patinent en hiver quand elle est gelée. En été ses berges sont animées, il y a des terrasses de bars partout, sur les bateaux aussi, les gosses pêchent et les vieux flânent.

Notre logement étant près des quais, on a pu parcourir facilement la ville à pied et on a opté pour seulement deux visites payantes: le château et la vieille ville qui a échappé aux flammes et transformée en musée de l’artisanat Luostarinmäki.

Ce musée à l’air libre est topissime, c’est LA visite à faire à Turku. C’est un quartier du 18e construit par des pêcheurs et artisans et où des gens ont vécu jusque dans les années 1980. Incroyable à voir: certaines maisons restituent les ateliers des artisans d’antan, d’autres sont d’authentiques habitations. On a adoré !

Quant au château, on a tout de même lâché 38€ pour le « ticket family » et heureusement qu’ils proposent un audio-guide en français (chose rarissime) parce que sinon, tu ne vois que de la pierre puisque le château est très peu meublé. On a appris plein de choses grâce à cet audio-guide: par exemple, les femmes mariées au 16e siècle se devaient de ne pas découvrir leurs cheveux. Donc, si tes cheveux flottaient au vent, c’est que t’étais free et prête pour un date. Et en plus, si tu portais un tablier blanc, cela signifiait que tu étais pure comme la Vierge Marie. Donc c’était open bar!

Si tu n’écoutes pas l’audio-guide, tu ne peux pas voir l’empreinte des papattes de chienchien qui sont prises dans le mur, ni comprends la signification du labyrinthe gravé dans une paroi près d’une fenêtre: c’était pour que les mauvais esprits venus de l’extérieur s’y perdent et ne contaminent pas les jeunes dames présentes dans la pièce. Bref, merci l’audio-guide!

Au dernier étage, une jolie collection d’objets et de vêtements du 19è qui m’a ravie.

Les stations balnéaires de Hanko et Ekenäs

En une journée, on s’est arrêté dans ces deux stations balnéaires qui méritent vraiment le détour et qui sont totalement différentes l’une de l’autre. Hanko est la ville la plus au sud et c’était l’ancienne station balnéaire des riches Russes qui y ont laissé leurs grosses demeures pendant leur annexion. On s’était dit qu’il y allait avoir beaucoup de monde en cette saison… Alors oui, c’était la foule, mais version finlandaise: une dizaine de personnes sur la promenade et à peine quelques unes de plus sur les plages et dans l’eau. Ici, on est aux antipodes de la côte d’Azur… Si bien qu’on s’est garé en approximativement cinq secondes lorsqu’on est arrivé sur le front de mer.

Le village est minuscule et s’il y a une chose à fair, et sur laquelle on est tombé par hasard, c’est le sentier qui longe la côte: on alterne chemins sous les pins et sur la roche, avec vue sur mer. C’est paisible (mais qu’est-ce qui ne l’est pas ici?) et il n’y a personne. Ce sentier traverse la plage du Casino et mène aux grandes (adjectif relatif) plages de la station.

l’ancien casino

On s’est écarté de la foule (substantif relatif aussi) pour nous poser sur les rochers en vue d’un ravitaillement urgent pour nos Wisigoths. Une fois calés, ils redeviennent humains et on peut profiter sereinement. Doudou nous a confié ses ambitieux projets d’avenir: « Je sais ce que je vais faire plus tard! Je vais me marier avec une fille qui a des vignes de Champagne », alors que Numéro Bis se projette davantage: « Imagine: on meurt et on se réincarne en poule d’eau! ». Ce qui est sûr, c’est qu’on préfère quand ils dorment.

QR code pour participer à la quête lors de la messe… Fini le panier en osier dans lequel on vide ses poches!

A Ekenäs, on a sillonné le village mais on s’est surtout rué à la plage parce qu’il faisait chaud. Et on a fait comme les locaux: on s’est payé des glaces à un million de dollars. Blague à part, les cornets sont chers, certes (5€ le cornet une boule), mais la quantité de glace est énorme.

L’archipel de Turku

En été, il est possible de faire un « road trip » dans l’archipel de Turku. Il y a le grand tour de 250km et le petit qui fait la moitié. Comme on arrivait en fin de séjour, on a choisi de faire le petit qui nous a pris la journée.

On alterne voiture et ferries, c’est super facile. On s’est arrêté au joli port de Nauvo pour boire un coup (deux Coca + deux bières= 26€. Merci messieurs dames) pour se baigner et pique-niquer sur la plage. On n’a pas été dérangé par la foule, on a juste été bercés par le doux bruit de nos Wisigoths qui se battent dans l’eau.

Ensuite, on a repris la route et on a fait escale à Pargas, sur une plage paumée trouvée par hasard.

Fiskars

Tu te dis: « Mais je connais ça! c’est la marque des ciseaux orange ». Ben oui, c’est ça. Ou plutôt, c’est « là » parce que Fiskars c’est le nom du bled (et je pèse mes mots) qui a donné son nom à la célèbre marque. Le village est mignon, touristique mais encore une fois, tout est relatif. Les bâtiments et maisons, tous en bois, datent du 19e siècle, période d’apogée industrielle de la ville. Aujourd’hui ce n’est ni plus ni moins qu’un village d’artisans aux galeries d’art et échoppes dont les produits coûtent les yeux de la tête. Hors saison, ce doit être désert.

Rauma

Ma ville préférée, à une heure à peine de Turku.

Un dédale de rues aux maisons en bois colorées, la jolie église luthérienne Sainte-Croix, un calme édifiant malgré la saison touristique. Cette petite ville vaut bien son inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco. Si l’on sort de la vieille ville et qu’on se dirige vers la plage, il y a un observatoire qui offre une super vue sur la mer Baltique et ses îlots.

La plage de l’île Ruissalo

Coup de coeur familial pour cette plage. Tout y est: les cahutes super propres pour se changer, les toilettes (en même temps, il y en a absolument partout dans ce pays, même dans les endroits les plus paumés), un ponton pour sauter, des oiseaux, pas trop de gens, un barbeuc pour les saucisses et un kiosque à glaces, indispensable ici. Qu’est-ce qu’ils mangent comme glaces, c’est hallucinant! C’est une passion dans ce pays visiblement.

Naantali

Le St Trop’ de la côte ouest, j’ai l’impression: gros bateaux, grosses voitures et restau pour grosses bourses. La promenade sur la marina est sympa, la vieille ville aussi.

Fin de notre périple de plus de deux semaines au pays des mille lacs. En été il y fait vraiment bon vivre, les températures sont super agréables et nous n’avons eu que quelques averses pendant notre séjour. Tous les articles sur la Finlande sont ici:

Les alentours d’Helsinki

Les points rouges sur la carte sont les lieux où nous nous sommes rendus dans un rayon de 40km autour d’Helsinki et dont les descriptions suivent. Le nombre d’étoiles correspond à notre intérêt pour les lieux visités.

La forteresse de Suomenlinna*

Tous les guides touristiques font l’éloge de cette île à 15min d’Helsinki. On a donc pris le ferry (5€ environ l’aller-retour par personne) pour y passer la journée. Sauf que, la déconnexion due aux vacances entraînant une perte de repères calendaires, nous y sommes allés un samedi. On serait allés à Benidorm ça aurait été pareil… les ferries vomissent des hordes de Finlandais et de touristes comme nous qui viennent y poser leurs serviettes et y manger leurs sandwiches aux harengs. Non j’exagère, je ne crois pas que les sandwiches aux harengs existent. Sur l’île de Suomenlinna, il y a une forteresse à arpenter qui servait, lorsque la Finlande dépendait du royaume de Suède, à protéger le pays contre les Russes qui sont tout de même super proches. Bon, leur citadelle -qui ressemble à celle de Brouage en Charente-maritime- n’a pas vraiment fonctionné parce que les Russes ont pris Helsinki au début du XXe…

Honnêtement, le tour de l’île est agréable, mais sans plus. On a été déçus car on s’attendait à voir des paysages à couper le souffle mais hormis une jolie plage, on n’a pas trouvé ça exceptionnel.

Porvoo *** et escale à Siboo

C’est le village carte postale qu’il ne faut pas manquer à une trentaine de kilomètres d’Helsinki. Tout l’intérêt réside dans la découverte de la vieille ville: ruelles pavées, petite cathédrale à la décoration verte, échoppes pittoresques, cafés cosys aux fauteuils à moumoute.

On a beaucoup apprécié flâner parmi les maisons multicolores et s’arrêter au Helmi café, à la décoration début XXe siècle. En revanche, sur les tarifs, ils ont fait une mise à jour: 24€ deux cafés et deux petites parts de gâteaux, c’est pas donné mais l’endroit vaut bien le détour.

Sur la route du retour vers Helsinki, on s’est arrêté à Siboo pour voir la petite église du XVe siècle. Le village est perdu entre forêts et champs de blé (comme toutes les localités finlandaises, en somme) mais l’endroit est mignonnet. Quand on rentre dans une église en Finlande, il y a systématiquement quelqu’un qui est là (sa journée doit être longue…) pour comptabiliser les visites et surveiller les lieux certainement aussi.

Le Parc national de Nuuksio ***

On s’est rendus en voiture au parc national de Nuuksio assez tôt le matin. Objectif: randonner dans les forêts et les lacs. C’est beau, bien balisé, il y a des abris qui permettent de faire griller des saucisses (sport national ici), du bois à disposition, des places pour bivouaquer librement, des kilomètres de sentiers qui rendent possibles une multitude d’itinéraires. On peut louer des canoës au point de départ, faire un sauna et se baigner dans le lac parmi les nénuphars et… je ne sais pas quels poissons puisque l’eau est très trouble. Bref, tout est fait pour que l’on puisse profiter des joies de la nature. On a choisi une boucle de 13kms via l’application Komoot, une randonnée pas exigeante pour un sou (dans la mesure où nos Nains ont fait Trolltunga en Norvège à l’âge de 9 et 10 ans, c’était une promenade de santé) pendant laquelle on a sillonné dans les bouleaux, les sapins, les bruyères et les myrtilles. Des myrtilles à perte de vue, comme on en avait pu voir à Sandhamn en Suède. On a revécu la même scène: bouteille d’eau vidée et cueillette en vue d’une tarte.

Le tour du lac de Tuusula

On nous avait promis un super endroit, avec des points d’arrêt artistiques et des peintres au bord du lac. En effet, le lac est joli mais nous, on n’a vu que des canards… Pour faire bref, on a loué 4 vélos pour 80€ et on a pédalé 25km le long d’une piste cyclable qui fait grossièrement le tour du lac: il est rarement possible de s’approcher de l’eau car il s’agit de propriétés privées. En gros, c’est comme si on avait fait 4h de vélo à Basicfit… Pour le coup, les Nains ont pédalé comme des dingues et ne se sont pas plaint une seule fois. C’est moi qui est tiré une tronche de dix pieds de long car 25km sur un vélo de ville qui n’est ni plus ni moins qu’un Velib’, j’étais franchement furax. Heureusement qu’il n’a pas plu, ça aurait été la cerise sur le gâteau…

La maison de l’architecte Saarinen** à Hvitträsk, près d’Espoo

Pour nous remonter le moral après nos 25km de piste cyclable, on s’est rendu à Hvitträsk pour visiter une jolie maison d’archi du début du XXe, la villa de la famille Saarinen et réhabilitée par Saarinen fils, un designer finlandais connus de tous (sauf de moi) : Eero Saarinen.

C’est atypique, original, joliment décoré: un dédale de pièces et les jardins sont très beaux. Il y a aussi une petite plage publique en contre-bas.

Helsinki en long, en large et surtout en vélo.

Ceux qui me connaissent savent que je suis méditerranéenne dans l’âme. J’aime entendre des éclats de voix, j’aime voir les vieux papoter le soir assis devant leur porte, j’aime le linge étendu au-dessus de ma tête dans les ruelles, les verres en terrasse et cette espèce de langueur qui nous envahit l’été. A la surprise générale, j’aime aussi les pays scandinaves: leur rudesse, leur manière de vivre à mille lieues de la mienne. J’ai l’impression que le temps y est suspendu.

Ce qui nous a frappés en arrivant à l’aéroport d’Helsinki, c’est le silence qui y règne. Tout est feutré malgré les allées-venues des gens et même nos Wisigoths (nos deux ados) ont été contaminés -un court instant, certes- par le calme absolu. Le taxi qui nous a amenés à notre logement a prolongé l’atmosphère: voiture électrique, pas un mot prononcé par le chauffeur (mais un regard aimable), pas d’embouteillage, pas de klaxons. Même les Nains chuchotaient.

On s’est installés dans notre appartement, à quelques kilomètres du centre névralgique de la ville et on s’est tout de suite replongés dans le scandinavian way of life qu’on avait touché de près en Suède. Les livres rangés par couleur dans la bibliothèque, les dessins d’enfants encadrés (alors que ceux de tes gosses sont dans une boîte au fin fond de la sous-pente, on va quand même pas laisser ça au vu de tout le monde), la vaisselle minimaliste Marimekko, les loupiotes dans la logia où un fauteuil suspendu attend que tu t’affales royalement, les enfants dans la cour de l’immeuble (équipée version 5 étoiles en bacs à sable, jouets collectifs, etc) vêtus de shorts et cirés parce qu’il pleut comme le poing. Voilà, nous y sommes. La Finlande.

5,5 millions d’habitants dont environ un million dans le grand Helsinki. Des lacs, des forêts et des autoroutes de pistes cyclables…

On a sillonné la ville en vélo et je suis définitivement incapable de dire quelles routes on a empruntées. Je me suis contentée de suivre le GPS (l’Homme) sur mon vélo rose 14 pouces, sac à dos harnaché, ce qui m’a valu le surnom de Dora. D’aucuns apprécieront la référence culturelle. Nous n’avions pas de programme précis, on a fait au gré de nos envies.

Mon vélo rose bonbon 14 pouces à la sonnette coccinelle et aux 3 vitesses, qui m’a transportée sur près de 70 km dans la capitale 💖

Il n’y a pas vraiment d’unité architecturale dans Helsinki. Des bâtiments ultra modernes côtoient d’autres néo-classiques, le tout bercé par la mer, les cris des mouettes et le bruit sourd des tramways. Je pense que j’ai dû afficher cette espèce de sourire béat quand on vadrouillait dans la ville dans tous les sens, celui qui dit le ravissement de la découverte. Bon, on a eu quelques frissons quand même, que tout le monde se rassure… un tram évité de justesse, une portière ouverte subitement. Mère canard a sué dans son tee-shirt à la vue de certaines trajectoires aléatoires de ses canetons. Oui, je ferme la marche, moi. Pendant que nos deux Wisigoths se disputent systématiquement la deuxième place.

Pour faire simple, j’ai fait une liste des trucs à faire et à voir:

Le centre névralgique

La place du marché près du port, la cathédrale sur la place du Sénat et la cathédrale orthodoxe méritent le détour. On s’est passé d’acheter une glace dans ce coin-là: 5€ la boule, faut pas pousser mémé dans les orties! Non, nous on a préféré payer … 4€ la boule à une centaine de mètres, près de la grande esplanade où se réunit toute la capitale le week-end. Eh oui, Doudou nous a claqué un: « Ca s’achète de la vaisselle finlandaise à un million de dollars et ça paye même pas sa glace… ». On a cédé pour lui clouer le bec, sinon il aurait pu porter plainte contre nous pour maltraitance en rentrant en France. Avis avisé: gare aux mouettes qui lorgnent sur n’importe quelle nourriture potentiellement accessible…

La bibliothèque Oodi

La spectaculaire bibliothèque Oodi qui a coûté 98 millions d’euros: jeux libres d’échecs au rez-de-chaussée, étage dédié à la création avec studios d’enregistrement, salle de travail, de couture, de design, pc à volonté, studio de radio, imprimantes 3D, salles de jeux vidéos et j’en passe. « Top classe », comme dirait mon père. Evidemment bibliothèque immense, les gamins circulent pieds-nus, on peut y manger, jouer à des jeux de société sur des grands poufs… Comme dans les magazines de zenattitude que je n’achète pas parce qu’ils me donnent le cafard.

Le quartier Kamppi

Un jour plus ou moins pluvieux, on a vadrouillé dans ce quartier aux grands centres commerciaux. On a d’abord visité l’église dans la roche qui, comme son nom l’indique, est incrustée … dans la roche.

Ensuite, comme la pluie a fait des siennes, on s’est réfugiés dans le grand centre commercial Kamppi pour faire une session shopping, à base de soldes et de seconde main. Petit arrêt devant la chapelle du silence (fermée à 17h…) puis déambulations dans le quartier qui grouille.

Chapelle du silence

Heureka, la cité des sciences

La météo avait annoncé une journée pluvieuse. On a anticipé en achetant quatre entrées pour la cité des sciences (74€ pour 2 adultes et 2 ados, il vaut mieux que ça soit top…). On y a passé plus de quatre heures, enfermés parmi des dizaines de moutards blonds en chaussettes qui chouinaient ou couraient alors que dehors il faisait un soleil radieux. Le site est pas mal fait et très intéressant, surtout si tu parles le finnois ou l’anglais couramment. Si tu gères relativement l’anglais, tu peux apprécier certains ateliers. Sinon, tu t’assoies et tu patientes…

Pour les fringales…

Les Finlandais n’ont pas les mêmes horaires de repas qu’en France: ils déjeunent vers 11h-12h puis dînent vers 17h. Au menu, il n’y a souvent qu’un plat à base de tubercules (pommes de terre, betterave, etc) et de viande ou poisson (saumon, harengs). On trouve souvent des sauces aigres-douces ou sucrées-salées. Il n’y a pas de dessert en fin de repas. Les Finlandais sont aussi des gros consommateurs de café-moins fort que chez nous- et ils en boivent tout au long de la journée.

Pour avoir fait les courses à plusieurs reprises à Helsinki, on n’a pas trouvé une énorme différence avec les prix actuels en France sur les produits de base. Un peu plus chers, certes, mais pas ce qu’on a pu expérimenté en Norvège. Les restaurants proposent des buffets le midi, un bon compromis. En revanche le soir les tarifs sont beaucoup plus élevés. On a testé quelques endroits dans la capitale:

Le resto « Konstab Mõljä », qui sert des buffets de plats typiques finlandais le midi pour 16,50€, ce qui est plutôt bon marché. On a réservé la veille sur leur site car les places sont chères. On s’y est rendu en vélo et on est tombé sur une façade miteuse fermée pour congés après avoir pédalé comme des dingues dans une avenue qui grimpait sa race, genre rues de San Francisco. On s’est aperçu qu’on n’avait pas la bonne adresse, évidemment. On a repédalé comme des dingues pour ne pas être en retard (sacrilège ici) et on a atterri dans un endroit hors du temps. Décoration marine, accueil chaleureux et blond, carte incompréhensible remplie de mots de plus de 17 lettres avec plein de k. On a pris deux bières (langage international).

On a goûté à tout dans le buffet (qui change tous les jours): des trucs inconnus et dont on ne connaît toujours pas le nom et des saveurs inhabituelles. Evidemment des harengs, des canneberges et des Karjalanpiirakka, ces petites navettes recouvertes de purée de pomme de terre. La base. Les Wisigoths s’en sont donné à coeur joie et on en a conclu que le buffet, finalement, c’est rentable pour nous.

Le café Regatta, excentré, à l’ouest de la ville. On a longé une espèce de Helsinki beach avec des Vikings torse nus qui jouaient au beach volley et des nénettes blondes et pour la plupart tatouées de pied en cap. Comme dirait Doudou : « Elles ont de beaux cheveux blonds soyeux. Ici, soit t’es blond, soit t’es gothique. » C’est pas tout à fait faux… Le café en question consiste en une cabanette rouge d’environ 20m2, décorée version vintage et où l’accueil, blond aussi, se fait en chantant et tout en zenitude alors que vingt personnes font la queue. A la carte: carrot cake, tarte aux myrtilles, cinnamon rolls l’après-midi. Le soir, on peut acheter des saucisses pour les faire griller dans un barbecue collectif. Vue sur mer, calme et volupté.

Le Zetor, près de la grande esplanade…quand tu rentres là-dedans, tu as l’impression que des pirates vont surgir. Ambiance tamisée et déco rétro, repas typiques finlandais copieux mais assez chers: soupe de saumon traditionnelle, ragout de renne, … tout y est.

Les fameuses boulettes de viande, accompagnées de cornichons russes et de betteraves.

Voilà pour notre expérience dans la capitale finlandaise en été! Je te raconte ici nos vadrouilles autour d’Helsinki, entre jolies découvertes et déceptions aussi…

Et pour en savoir plus sur notre road trip en Finlande, tu peux aussi consulter nos flâneries en Finlande méridionale, autour de Turku.

Comment Ils sont passés de Nains à Wisigoths…et je n’ai rien vu.

Avant j’avais deux Nains qui se levaient à 6h30 et qui se contentaient de jouer toute la journée au mieux, dehors, au pire, dans leur chambre.

Avant j’avais des Nains dont il fallait ranger les chambres jonchées de Kaplas, de dinosaures en plastique, de cartes de Uno éparses, de pions de jeux de société. Fallait aussi éviter les Lego, les balles de Nerf, les livres, les peluches et les feutres.

Avant, mes Nains étaient contents quand on leur proposait une balade en vélo, à pied, une partie de cueillette de pommes volées (oui on sait, c’est pas bien, mais on préfère les cueillir que les voir pourrir au sol…), un Geocatching.

Avant, ils allaient à la sieste.

Ça c’était avant.

Désormais, ils se lèvent tard et n’aèrent pas leurs chambres qui sentent la grand-mère morte.

Désormais ils ne rangent pas non plus leurs chambres parsemées de chaussettes sales ou propres, on ne sait pas bien et dans lesquelles ils font des plantations de cahiers écornés et déchirés, mangas divers et variés, emballages de gâteaux et cannettes de boissons achevées.

Désormais, ils répondent à nos sollicitations par des borborygmes, des soufflements d’exaspération, des portes claquées.

Désormais, l’un d’entre eux s’endort sur son bureau après 10 minutes effectives de travail sur son devoir de physique-chimie. Deux heures. Deux heures! Et il a l’audace d’avoir le réveil bougon…

Désormais ils déjeunent des avocado toasts aillés, oeufs au plat, jus de fruit et un yaourt pour caler l’ensemble, le plat de lasagnes du midi a une durée de vie de 30 minutes et à 14h ils ont le nez dans le frigo.

Désormais ils mettent du parfum et de la poudre à 30 balles dans les cheveux avant d’aller en cours.

Désormais ils ont des vies secrètes et des opinions tranchées.

Désormais ce sont des Wisigoths aux voix muantes, aux cheveux qui puent après le sport, aux pieds larges, aux dents appareillées, aux sentiments exacerbés, aux réactions imprévisibles, aux phrases incompréhensibles parfois, aux envies d’évasion-mais pas trop loin-, aux rêves d’amitiés indéfectibles, aux têtes remplies de souhaits et d’incertitudes.

Désormais ce sont de véritables Wisigoths. Mes Wisigoths.

Mes Wisigoths qui chauffent ma tasse de thé, qui préparent les repas, qui regroupent les chaussettes propres et rangent leur linge.

Mes Wisigoths qui se lovent dans mes bras le soir avant d’aller se coucher.

Mes Wisigoths qui enchainent sept heures de cours, les entraînements le soir, les stages et les compèts le week-end et pendant les vacances.

Mes Wisigoths qui font du bruit en permanence, qui sont fins comme du gros sel, chahutent, se battent pour un sweat emprunté et se réconcilient la minute d’après.

Mes Wisigoths qui me font rire. Tous les jours, tout le temps.

Mes Wisigoths insupportables.

Mes Wisigoths ❤️.

Carrot cake aux noix (Thermomix).

Un dimanche gris, pluvieux, frais. Plusieurs activités s’offrent à toi: trier les photos stockées sur ton téléphone depuis 2019, regarder Les forgerons de l’extrême ou bien couper les ongles des orteils de tes Vikings de Nains. J’ai trouvé donc une échappatoire en cuisine. La cuisine, moi, ça me détend autant qu’arracher les mauvaises herbes du jardin ou qu’une séance de yoga: je fais le vide.

Le carrot cake aussi rapide à faire qu’à manger:

  • 150g de noix
  • 2 oeufs
  • 300g de carottes
  • 100g de beurre fondu
  • 110 g de sucre
  • 200g de farine
  • 1/2 paquet de levure
  • 1 cas de quatre-épices
  • 1 càc de bicarbonate

Eplucher les carottes, les couper en rondelles et les mettre dans le bol du Thermomix 4s vitesse 7. Réserver.

Mettre dans le bol les oeufs, le sucre et le beurre fondu puis mélanger 10s, vitesse 5.

Ajouter tous les autres ingrédients sauf les carottes et les noix. Mélanger 10s vitesse 5.

Ajouter les carottes et les noix. Mélanger en sens inverse 20s vitesse 2. Mélanger si besoin avec une spatule.

Verser la pâte dans un moule à cake beurré ou chemisé.

Enfourner dans un four préchauffé à 180° pendant 1h.

Résultat:

1 mois 10 phrases # janvier 2024

Je ne sais pas comment se passent les dîners chez vous, mais je peux vous assurer que chez nous, ils prennent une tournure totalement ubuesque. On pourrait tourner des scènes de Kaamelott quotidiennement. Perceval n’a qu’à bien se tenir…

1. Doudou à son frère: « t’as une tête de Jérémy sans famille!»

2. Doudou: « Je me lave le visage avec de l’eau cicellaire. »

3. Numéro Bis fait dans la poésie alternative: “Mon sphinctex s’est ouvert tout seul.”

4. Doudou et ses adjectifs improbables: “J’ai pas froid: mes chaussures sont isothermes”.

5. Monsieur et moi-même sommes sortis hier soir. Le lendemain matin, nous demandons à nos chères têtes brunes comment s’est déroulée leur soirée en tête à tête: “Hier soir c’était trop bien. On s’est fait un apéro puis un plateau télé. Après on a fait du chessboxing: si tu perds la partie d’échecs, tu prends une grosse torgnole.”

6. Doudou et Numéro Bis. Profession: créateur de néologismes avec utilisation abusive du préfixe Dé pour « dégriller une tartine », faire « dépause «  (ce qui revient à mettre PLaY, en gros…)

7. Doudou écrit sur des papiers russes…

8. De l’art de manger des “croustilles » toute la semaine à la cantine : des croustilles au fromage (=un friand), des croustilles au poulet -(=nuggets), des croustilles de patates, des croustilles de poisson… Déclinable à l’infini.

9. “Même les cantinières (= les agents de la cantine) ont plus de moustache que moi!”

10. C’est pas Victor Hugo qui a aboli la peine de mort ?

– Euh … non.

– Ben…Hugo il fait un discours anti peine de mort, c’est lui qui a commencé le truc . C’est comme au sudoku. Tu trouves un chiffre et ça débloque tout. Ben là c’est pareil. “

Qu’est-ce que je vous disais… ubuesque.